Parutions aux Sources et aux Livres






Imago Motto
Éric Simon


Autoportrait díun visiteur

Éric Simon visite les peintres. Suivons le guide, gardons líúil, ne le perdons pas de vue.

ll est là, díemblée, dans la très petite vignette agrandie quíil a choisie à líentrée de líouvrage Le touriste, eau-forte que líon retrouve « présentée » plus après. Oui cíest bien lui avec sa longue-vue, symbole de sa profonde vision pourrait-on dire, observant chacune des quelques soixante-dix toiles à sa manière, à sa lampe1.  Il est allé à la rencontre de ses peintres, hommes et femmes, nés ou morts à Nantes, pour la plupart.

Il est aussi un peu dans tous ces tableaux classiques ou modernes et, à y regarder de près, le recueil constitue le portrait du visiteur quíil est. Níest que de regarder certains titres choisis : Je peins Je de Camille Guérin, líAutoportrait de Guy Bigot et Les bruits du matin anciennement nommé Autoportrait lui aussi, Éric Simon en a tant fait en poésie. Chacun pourrait être un de ces poèmes tirés de La Lampe díun damier ou díune Troisième personne du singulier.

Flâneur, il síest promené dans les rues décrites, a vu les ponts, les maisons, les cours, líErdre. Sa déambulation muséale a aussi été itinéraire réel. Éric Simon est un arpenteur de la ville de Nantes comme des allées du Musée díArts, il connaît les recoins, les lieux qui ne se regardent plus, qui ont changé, qui évoque des morceaux de vie, il síy attarde, sous un certain angle.

La porte de jardin a particulièrement retenu notre attention. Ce tableau humble est rempli de mystère et de simplicité. Pourquoi a-t-elle retenu le regard du peintre avant celui du poète ? Voyez ! semblent-ils nous suggérer. De même La liseuse sous la lampe qui clôt le recueil avant un « à suivre » nous touche davantage encore puisquíelle semble être là pour honorer la lecture et líécriture tout autant, paraissant nous convier à un double travail intellectuel.

Le poète a vu et élu des aquarelles, estampes, eaux-fortes, huiles et autres lavis, puis il síest fait guide discret, pour en parler finement, coloriser, chercher la lumière toujours, tandis que nous ne les voyons pas. Les « descriptions » impressionnistes et quasi confidentielles sont accrochées sur la page blanche comme sur un mur de salle díexposition. Le regardeur attire notre regard sur des toiles absentes, et pourtant bien là, au sens où líimagination se met en mouvement et les fait pour ainsi dire apparaître, naître sous nos yeux de lecteurs, presque impatients díaller y voir en le lieu. Astucieuse ou poétique démarche du marcheur qui nía pu venir au musée par temps confiné. Daniel Arasse2 nous fait signe, lui qui savait nous inciter à y voir par nous-mêmes et à ne pas trop dépendre du discours savant.

Le livre à la main, Tout va bien, on a curiosité de se rendre sur site du musée ou mieux, in situ.

Marie-Laure Jeanne Herledan

1 Ainsi quíAuguste Rodin invite à le faire. Entretiens réunis par Paul Gsell, Grasset

2 Daniel Arasse né en1944 à Oran et mort en 2003 à Paris, est un historien de l'art français, auteur de auteur de On níy voit rien, Histoires de peintures, Le détail, Le sujet dans le tableauÖ









96 pages
Fleur de Givre
Getty Magdelaine

Getty Magdelaine a 80 ans dans quelques jours. Elle nous livre un récit de mémoire vive.

« Je me souviens qu'un jour d'été j'avais fui la maison et le sacrifice d'un petit chevreau pour me promener dans les champs et cueillir des coquelicots et des bleuets. C'était alors ma consolation préférée quand la vie me semblait trop dure. Il suffisait que je m'en aille dans les champs, dans les bois. »

Une toujours petite fille se penche sur la vie pour laisser rouler une histoire avec une petite hache Ė car il y en a une Ė où des hommes, des femmes nombreuses, mères, tantes, súurs, filles cousines, constituent :
« des bribes qu'on attrape quand on est très petit, d'âge, de tailleÖ quand les adultes parlent entre eux, croyant que ce qu'ils disent échappe aux enfants. »

Pas un mot níest à rajouter ni à trancher à ces quelques cent pages qui dessinent le paysage de líexistence et de la mort tissées de souffrance et de quelques moments précieux volés à la pauvreté et la fragilité.
Líenfant dans son silence sait tout, comprend tout, apprend du regard, est philosophe. Líapaisement, dans cette période díaprès-guerre avec séquelle de nazisme, vient par les fleurs, des champs, des bois et même de la ciboulette bien après. Elles sont plus vivantes que la mort qui rôde.
Getty Magdelaine offre un juste et touchant ouvrage porté par la petite fille quíelle fut, qui regardait « en avant, en haut, dans le lointainÖ » et préférait les cerises douces.

12 Ä

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56 pages

La Nuit
Jean-Pierre Givord


Líarchitecte et la nuit



Jean-Pierre Givord est architecte. Il vit à Lyon ou en Saône-et-Loire près de Cluny. La Nuit est son premier recueil de poésie. Son travail est à la fois díune grande classicité dans la forme et díun innovant foisonnement díimages pour le fond.
Líutilisation du quatrain frappe díemblée car le poète en utilise sept par page formant des colonnes qui soutiennent son long poème sur la nuit. Líouvrage poétique ainsi constitué est riche de deux cent quatre-vingt-quatorze strophes de quatre vers. Il faut se laisser emporter pour un voyage de nuit qui ne finit pas, puisque pourrait en apparaître à nouveau dès la dernière page.

Pour La Nuit  on peut avancer que la contrainte mathématique Ė líauteur écrit aussi depuis son métier Ė est légère, níenferme pas, elle donne du corps à líarchitecture mais laisse líhistoire pleine de fenêtres ouvertes.

Acrobate de son langage, líéquilibre le concerne forcément, et maître díúuvre de son poème, il avance, à líoccasion enfourche un vélo pour le vagabondage nocturne. Les rencontres plurielles sont à chaque fois, líentame díune petite épopée.

Tout un bestiaire síagite. Un crocodile, un chien puissant, un cochon, des poissons orphelins, un âne sans écurie. Il parle de souvenirs, des vols dit-il, empruntés à la quotidienneté, pour nourrir le rythme de son incantation scandée au monde.

« La nuit un poète sans fiche
Répète un à un ses quatrains
Sortis de sept listes colorées... »

Deux cent quatre vingt-quatorze fois nous entrons par la clef du mot « nuit » dans des univers miniatures éloquents à líhumour un peu triste.

Repensant au Rêve parisien de Baudelaire dont le peintre Constantin Guys est le dédicataire,

« Architecte de mes féeries,
Je faisais, à ma volonté,
Sous un tunnel de pierreries
Passer un océan domptéÖ
»

on peut avancer que noire ou rêvée, hors les murs ou intérieure, La Nuit, le long poème de Jean-Pierre Givord, est une promenade en quatrains, une peinture poétique, une errance nomade, un voyage sous la lune. 



Marie-Laure J. Herlédan



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ensemble des trois livres
sous jaquette




Bérît testament en hébreu
Diatéké alliance en grec

Que nous prend-t-il de si peu maîtrisable lorsquíon se propose díécrire? À qui envoie-t-on ses lettres ? De quoi nous dépossédons-nous ? Líest-on ou son contraire díailleurs ? Ce que líon porte en soi dit-on, où cela síaccroche-t-il, sur quel cintre, dans quel placard de théâtre obscur ? Porter, à lui seul, est un mot qui nous entraîne pour une longue étape, níayant ni une semelle assez épaisse, ni une gourde suffisamment remplie. Et puis porter quoi, un vêtement pour cacher une humaine nudité, un plateau de quelques fruits ragoûtants, Ė attention à la pomum fruit défendu Ė, ou bien son bât comme le petit âne de Paul fort ? Gardons líimage. Attelée comme un bourricot, la plume a dépoté petitement ce qui battait contre ses flancs, à savoir une collection de noms, de vies riches faisant litanie, pour réaliser une trinité díopus, un microcosme à trois topos :

Un jardin ouvert, Hortus apertus, huis pas clos, une création, un album díamis, Album Amicorum, des mots díà travers temps et espace et un congé, Vale, qui serait une pensée sapientiale.

Le vocabulaire est baroque dans cette trilogie, alogique et biscornu, hétéroclite parfois. Il fallait dire à la plume comment les poètes et les artistes rencontrés au très creux des ouvrages ont fait trace. Leur voix, leur acte ressurgissent et guident la méditation lyrique adossée au tronc du langage, comme un hommage et une gratitude. Corpus bourratif ? Paradoxalement ce semble líépilogue de ce qui parait avoir été manne légère. Aujourdíhui encore. Les mots du poème, leur musique, ne sauraient-ils à jamais rassasier ? Tout juste líécriture/lecture est-elle un exil jalonné de haltes, rencontres, conversations et concordes. Ceci peut díune certaine manière se communier Ė de coinonia qui est une mise en commun.

« Je veux me libérer des deux, trois gros bouquins que je porte en moi et que je nourris depuis toujours disait Cendrars dans Bourlinguer ».

Il síagit par conséquent plus sans doute de transporter Ė que de porter Ė à son bord une cargaison luxueuse et inestimable quíon se donne díacheminer à un bon port dont on ne sait le nom, pour ne le laisser pas en sa thébaïde. Comme le fait le facteur de Tati, à sa manière, la plume porte ses lettres sur une draisienne qui semble maladroite et malaisée, à qui veut. Reçu redonné ou, pour le moins, tenté de confier, voilà tout. Quoi, est une autre affaire ne cessera de penser la plume.

αυτός είναι ένας τρόπος να κάνουμε συμμαχία

זוהי דרך לכרות ברית

de la Genèse au chapitre neuf verset neuf.

Façon de faire alliance.


25 Ä
l'ensemble des trois livres sous jaquette


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70 pages





Memo(r)
Séverine Pirovano

La voix de la tendresse
Tient le monde debout
Dans les grains de grenades
Líeau des mares et la boue
Ö
Je joue avec les mots, je joue avec ma voix.
Et puis ils se posent, là. Ils me sourient.
Ils me disent : regarde, on a dit ça, nous.
Parfois je ris ou je pleure
en même temps que jíécris.
Ce níest pas la réminiscence de líémotion.
Cíest la force du mot. 

En filigrane dans ses pages qui forment une chapelle Ė au sens de lieu consacré où l'on conservait les reliques des saints Ė la compassion prend tout son sens.

Jíécris.

Je choisis ardemment mes mots.

Elle avait déjà, dans un premier ouvrage, exhumé un absent par un patient travail de réminiscence. On pouvait parler de tentative orphique. Ramener le disparu, pour un temps de ré-surrection. Non pas rester de pierre, mais en déposer quelques-unes, comme dans la tradition juive, à l'endroit de celui qui s'est effacé et lui faire mémoire. Ériger une stèle de mots. Séverine Pirovano parle aussi de l'ivraie de ses morts, elle dit que « la mémoire mord », qu'un danger peut menacer, qu'on ne peut que se tenir à distance, dans cette zone double et contradictoire qu'est l'abandon, une ascèse entre le mortifère et la légèreté, à l'aube du jour qui point.


Marie-Laure J. Herlédan



Séverine Pirovano est née en 1974.
Elle vit à Nantes. Elle a animé des ateliers díécriture de 2009 à 2013.
En 2014, elle a participé aux Rencontres poétiques díhiver à líUniversité Permanente de Nantes.
Elle a été publiée dans la revue poétique Cabaret.
Elle a publié aux Éditions du Petit Pavé Demeure líabsent (février 2019).
Memor est son premier recueil poétique.








132 pages



Une troisième personne du singulier
Éric Simon
Poèmes

źÉric Simon est né à Nantes en 1967. Publications intermittentes dans des revues : Traces, Cahiers de la rue Ventura, Traction-Brabant, 7 à dire, Verso, N4728, etc.
Quelques livres : Pages et seuils et de la nuit sentinelle (éd. Petit Pavé, 2014), Couleurs de mots (avec des collages de Ghislaine Lejard, éd. Soc et Foc, 2015), La lampe díun damier (Des Sources et des Livres, 2018).
Récitals : interprète Apollinaire, Rimbaud, Cadou, Du Bellay, sur ses mélodies.
Anime régulièrement des lectures et des rencontres de poésie à Nantes.

* * * * *

Éditer Éric Simon est toujours une fierté, oui. C'est aussi gager que le lecteur sera saisi par la puissance et l'énigme qu'est sa poésie.
Qu'est le poème ? Que dit le poète ?
" Se préoccuper de poésie c'est serrer les dents, changer de ton, casser le rythmeÖ Les mots forment le corps inconnu du poète, le poète est nu dans les mots » disait Éric Simon dans un entretien en 2005.
Après La lampe d'un damier et deux années, L'auteur recommence, ou poursuit on ne sait, le poème et le repose sur le métier avec un titre interpellant. Là encore il tourne autour des mots, les retourne, en pèse le poids, va au-devant d'eux, tente de soulever un pan de la trame qui se tisse grâce et malgré lui. Cet ensemble de poèmes que constitue Une troisième personne du singulier a à voir avec la matérialité même du langage, la création d'une parole."
Marie-Laure J. Herlédan

je crisse dedans
je ris aussi un peu
je ris de moi
quoi díautre à faire
le ridicule níest pas mortel
mais il blesse
et sa blessure est líâme
quel autre salut ?

Poèmes

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164 pages
La constellation de Lorrsbrück
Jean-Luc Broudin
Roman

Ne cherchez pas sur une carte Lorrsbrück à la fontière de la Boldonie aux prises avec ses voisins Braslaves enclins à l'envahir. Mais sans doute verrez-vous dans cette géographie imaginaire celle où l'Europe dans les années de la fin du XXe siècle a failli perdre son âme.

Dans ce tumulte, Marie l'institutrice française venue là par amour, croit qu'ouvrir une école c'est úuvrer contre le malheur de l'ignorance et de la guerre. Elles viendront pourtant endeuiller sa vie comme celle de ses voisins, ses amis, confrontés aux amours interdites ou se laissant pourrir, à l'abus d'alcool... Pas de héros dans l'héroisme de continuer à vivre. Seulement l'humanisme sans trêve. Un mot de Victor Hugo sur un tableau noir pour porter l'espoir.

" Elle regarda ses écoliers : Johan et Stan, les fils de Miros le maçon, des garçons turbulents certes, mais tellement courageux. Cíétait eux qui chantaient le plus fort. Et puis Lole, le fils de Vanco líélectricien, un enfant doux, calme et si intelligent. Daniel, Sepp, les fils du peintre, que díénergie dans tous ces garnements ! Cíest ainsi que lui vint son idée. Maçon, peintre, électricien, ils étaient là avec elle. Si le maire ne voulait pas líaider, elle la bâtirait elle-même son école, avec les villageois ! "

roman

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105 pages
En promenant mon chien
Confidences en bouts de laisse

Alain Lebeau
Déambulation poétique

Né en 1938 à Saint-Nazaire Alain Lebeau a passé mon enfance à Nantes. Éveillé à la poésie par Yves Cosson, professeur de français au collège moderne de Nantes qui lui fait découvrir Max Jacob, Francis Jammes et René-Guy Cadou. Cíest grâce à un court séjour en Fac à Rennes qu'il rencontre Gilles Fournel et connaît Georges Perros qui a bouleversé sa poésie. Revenu en 1963 dans la région nantaise, il a aussitôt intégré líéquipe despoètes autour de Michel-François Lavaur, pour une aventure riche et poétique faite díamitiés solides avec Laroche, Lelubre et Serreau et tous ceux qui fréquentaient la fourbi-thèque de Lavaur au Pallet. En 1983, il était au côté de Luc Vidal pour líouverture de Signes aux Éditions du Petit Véhicule.

Engagé comme enseignant dans de nombreuses missions humanitaires, notamment en Afghanistan, au Maroc, en Algérie, au Nigeria et en Égypte, il n'a pas cessé de publier une oeuvre abondante.

Ce nouveau recueil que nous appellerons une "déambulation poétique" déroule le fil d'une mémoire que de multiples figures rencontrées au hasard des promenades avec son chien Kanoun, depuis des années ont sollicitée.

Voyage très personnel sans doute, mais comme l'écrit l'auteur : " Au départ, il y a toujours un choc, une émotion. Le poème est une poussée de mots. Les mots ont des choses à dire, bien au-delà de ce que je veux leur faire dire. Et le lecteur a lui aussi des choses à entendre et à leur faire dire, mais ce níest plus mon affaire. " À chacun dès lors sa propre déambulation poétiqueÖ


Poème

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Comme un bouquet de fleurs mouillées
Pierre Tanguy

...
Bercé par la houle

un couple de goélands marins
pousse des hauts cris
comme pour la perte díun petit.

Dans la laisse de mer,
trottinent tranquilles
les grands gravelots.

Je me rassure,
la dune a résisté aux tempêtes de líhiver.
Il est si blanc le sable,
nos ombres si longues
comme des silhouettes de géants.

Dans ce remue-ménage,
soudain líéclat brutal
díun parterre díorchis rose
et de fleurs inconnues de líenfance.
....

« Jíapprécie líart du peu chez Pierre Tanguy, sa capacité à dire le tout dans le presque rien. On devine le sourire en retrait, díune mélancolie surmontée. (...)

Entre « la gloire du peuplier » et « la douloureuse expérience díêtre », il est « inconsolable » et « ébloui ».

Comme une pierre-à-feu allumant ne serait-ce quíune étincelleÖ»

Postface par Joseph Thomas

Revue AR MEN, septembre-octobre 2020, rubrique livres

à propos de Comme un bouquet de fleurs mouillées

La douceur en recours

Pierre Tanguy emprunte le titre de son livre à un vers de René Guy Cadou, hommage pour le centenaire de la naissance de ce dernier.

Habituellement fidèle à la brièveté du haïku, il laisse ici son poème se déployer au gré des sensations dictées par le paysage traversé par les saisons. La concision reste toutefois la marque de cet ensemble.

En trois parties qui cheminent de la contemplation à la mélancolie, Pierre Tanguy entre en symbiose avec la nature et « síabreuve des dégradés de vert/surgissant des bosquets ». Fin observateur, il capte líempreinte des instants fugitifs par petites touches délicates à la manière díune estampe.

Au plus profond de « la douloureuse expérience díêtre », à la fois ébloui et nostalgique, il puisse dans le monde végétal de quoi « prendre le chagrin à rebours ». Quand le cúur « en charpie » est en proie à « líinconsolable », ses mots simples et concrets ont la ressource « díappeler la douceur au secours ». La consolation naît du bruissement du monde. « Ce vent et ce vert/pansent la douleur ».

Marie-Josée Christien


poèmes

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Ici, point de poésie prétentieusement philosophique et d'expression alambiquée, de disposition torturée des textes, mais une pensée claire et qui va droit au cúur [grâce à] l'expérience d'un lyrisme maîtrisé. En témoigne le très beau poème qui ouvre le recueil de J.-C. A. Coiffard, dédié à son arrière grand-père charpentier de marine, et dont l'incantation n'est pas sans évoquer celle de Xavier Grall dans son généreux élan. Précisons que l'ouvrage bénéficie de la pénétrante préface de Marie-Laure Herlédan, experte s'il en est en analyse poétique, et que le tercet en exergue d'Arlette Chaumorcel situe d'emblée les intentions de l'écrivain, faire renaître «  un viex manège à musique de l'enfance ». Ainsi, au fil des pages, sera-t-il permis de retrouver, outre les souvenirs d'un parcours en « Loire intérieure », la présence des amis, musiciens, peintres, poètes qui ont contribué à bâtir la réputation culturelle de Nantes ; et que, dans ses nombreuses activités au service de la poésie, J.-C. A Coiffard a rencontrés. Un visible retour aux sources, évidemment, grâce à une inspiration qui va des courts poèmes du « carnet de croquis » à l'évocation de l'« Enfance » dont le dernier poème, en pleine lucidité, est le credo de l'artiste en un monde sublimé : « le livre refermé / il suffit d'un oiseau / pour tracer dans le ciel / le silence des hommes ». Voilà qui en dit plus long qu'une laborieuse exégèse, et qui est bien la signature d'un poète authentique au talent sans cesse affirmé et qui sait mettre à son service des qualités de dessinateur.

Claude Serreau

En ma mémoire obscure
Jean-Claude Albert Coiffard

...mon île
ma lampe
ma toute douce
aux yeux díanémone de mer
aux mains tremblantes
sur le corps blanc des mots

mon île
mon alezan díazur
au galop sur la mer
au galop sur la dune
au galop
dans les plis du soleil
mon soleil
à la voix fracassée
sur le marbre díune île

une île
où síécrit le poème
là-bas
dans líOcéan des mots

Jean-Claude Albert Coiffard extrait de "Mon île"
dans le recueil En ma mémoire obscure


« On sait, à lire le poète Jean-Claude Albert Coiffard depuis des années, la douce et grave légèreté de son lyrisme subtil et maîtrisé. Beaucoup l'ont écrit. Il possède son univers, tissé d'une pièce, avec les fils d'un passé vivace et d'un présent d'ici. Il nous fait entendre à chaque recueil une musique qui touche à l'âme par sa délicatesse même et continue d'explorer, dans une démarche de tout son être, les richesses qui lui sont données, offrant un miroitement d'images tout en frisson d'émotions et de sensibilité.(Ö) Dans cet ouvrage au titre cependant sombre (Ö) une clarté semble éclairer, au tréfonds, les parois de son souvenir. Il se fraye, avec une apparente simplicité, un chemin dans la remémoration et l'indicible, voit dans le noir, traverse de l'ineffable, promène Ė dit-il Ė ses doigts sur la harpe du temps. »

Extrait de la préface de Marie-Laure J. Herlédan



poèmes

avec 5 illustrations de l'auteur
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:La porte étroite du niveau monde
Sauvage

Devant ce long poème incantatoire qu'est La porte étroite du niveau monde, le lecteur s'assied et contemple. Le poète lui fait voir, entendre et sentir une Bretagne profonde, magique païenne et sacrée où l'humain semble sortir de la glèbe. C'est peut-être cela. Ou bien est-ce le Job douloureux de ses tourments, ou bien l'Adam sorti des mains du sculpteur Pierre de Graw ?

Titre d'un roman d'André Gide, L'allusion biblique de « la porte étroite » (Matthieu 7, Luc 13) du titre, ouvre la grande aventure du désir d'exister : « Laisse-moi passer gardien de la porte du levant »

L'inspiration religieuse parcourt le poème. Le vieux sacré ancestral jaillit : « L'Homme a les pieds dans la terre pure », « les temples sont dressés vers le soleil » et un religieux plus proche aussi « parvis de chapelle » et « éclats de vitrail », parfois de façon puissamment poétique « prosternation des grains de silice portés par le souffle du vent ».

La bible y fait paysage : les cèdres du Liban sont droits sortis de l'Ancien Testament et donnent l'ombre aux filles de Sion qui attendent. Qui ? Quoi ? « royaume venu et à venir ». Le poète quant à lui est tout à son antienne : l'homme peine à faire humanité en terre de Bretagne ou d'Israël mais le poème, lui, se construit et l'homme à travers lui.

Le parti pris de la richesse des mots n'est pas vain : « émulsion flaccide, concussions venimeuses », la préciosité ne fait pas reculer. Elle participe de l'ensemble pour peindre une création du monde. Ni non plus les inventions lexicales : « Les bouches inarticulent, les mouches bleues métal viornent ». Le poète fait abonder images et couleurs : « Le bleu gris des nuages étoilés de jaune, líeau verte des cieux ». Tous les sens sont sollicités : « les fragrances rétiniennes s'exhalant comme un velours luisant »

L'homme au maigre langage, si fertile soit-il, reste pourtant tout en sensation dans son sentiment d'inachèvement et d'incomplétude, il est face à : « líinfini vertige du Rien »

Dans cet infini, ce non fini, le poète « palpe les intangibles franges de sa vérité ». Perdu dans l'espace de nuit pascalien effrayant, reste la tendresse d'un petit prince s'interrogeant sur le monde « líesprit lové comme un petit chien tiède », peut-être celui de Tobie. La vie s'écrit malgré tout, seul le poète dans sa grande liberté, peut participer à ce sacre : Le front ceint, auréolé díétoiles »

Par delà la crainte des grands malheurs, on entend néanmoins que « le vent mauve du petit soir » rend plus douce la nuit et qu'au grand jour de demain, une « Bretagne ruisselante » avec son « gris granit maculé de taches circulaires de lichen vert jaune » lève sa plume au niveau monde « à la gloire de la vie ».

poèmes
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Je deviens comme lui approche de la nuit
Jean-Paul Teyssier

" Le poème en recherche

rappelle la mémoire

des douleurs et des joies "


Jean-Paul Teyssier va tantôt à la rencontre de la ville, de la nuit, des humains, de la création.
Là où un grand froid pourrait le saisir, un grand effroi aussi, il s'en va en déambulation faire un poème, l'esprit toujours en veille, à l'écoute de la générosité du monde. Il la cherche absolument, veut se fondre avec elle. Les ténèbres inquiètes se dissipent par son regard clair porté sur tout, sur un rien même.
Le clown dans sa tristesse perçoit, émerveillé malgré tout, une certaine lumière.
C'est un homme qui se tient debout.




poèmes
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Me voilà rue Louis Blanc

Stéphane Lorit


[Ö] des mots, des vers rimés ou non, riches díexpressivité et de sensibilité, tendus sur les haubans pour voguer la galère ou prendre le sillage des cap-horniers de Trentemoult, le large toujours le large, mais aussi líintime et líinfime, líémotion qui passe ou qui suspend le geste, le mot quíon est tenté de dire et quíon retient, sur le bord de quel vide, de quel manque, de quel souffle manqué, haletant ?Ö Et tout cela construit selon une dramaturgie alliant le sens de líépisode, la présence plutôt que líesquisse seule díun personnage, et la vibration fébrile ou ardente díun sentiment, la patience clairvoyante díun regard, yeux bien ouverts ou clos sur le rêve le plus irradiant, comme sur le jour intermédiaire des illusions déchirées.

(Extrait de la préface d'Éric Simon)




Rencontre Ė dédicace samedi 14 décembre 2019 à 17h00

Maison de quartier Madeleine Champ de Mars

Il est inhabituel de publier, comme un recueil de poèmes, des chansons. En général, on achète un disque et en plus vous avez les textes des chansons, des photos, etc. Ici, les éditions Des sources et des livres innovent à nouveau et inversent un peu le procédé. C'est que les chansons de Stéphane Lorit ont une vraie valeur non seulement poétique Ė on peut dire ça de pas mal de chansons, en réalité Ė mais une valeur de poèmes, à part entière.

Bien des gens écrivent, ou croient écrire des poèmes. Alors que ce sont en réalité des chansons. Mais pourquoi opposer deux formes qui empruntent à une même tradition, et le plus souvent à de semblables règles ? Même sans alexandrin ou octosyllabe, la métrique existe, la métrique règne pourrait-on dire. Le rythme est au cúur de tout poème, le rythme, c'est le battement de cúur du poète, c'est la pulsation intime, que lui-même, ou elle-même, ignore d'ailleurs le plus souvent ; et précisément, le poème la lui révèle. Et la révèle aux autres. Aux autres battements de cúur, aux autres pulsations intimes, qui peuvent, dès lors, y faire rencontre. Bien des gens écrivent des poèmes qui sont en réalité de belles chansons. Mais sans musique pour aller jusqu'au bout du chemin, et c'est peut-être dommage.

Il en est d'autres qui écrivent, ou pensent écrire des chansons, alors qu'en réalité, insensiblement et sans effraction, ils ont tout bonnement poussé la porte du poème. Une porte déjà ouverte, en réalité, mais cette porte a ceci d'étrange qu'elle semble obéir aux processus des rêves, c'est-à-dire qu'on en passe le seuil sans bien s'en rendre compte et que de l' autre côté c'est un paysage qui, tout en étant autre, garde pourtant un caractère familier, comme en un double espace-temps miroir.

Il se trouve que Stéphane Lorit ne prétend pas à la poésie. Il travaille, il avance dans les mots et dans les notes, comme dans une mine assez fabuleuse où il arrive qu'une seule pépite suffise à crever le ciel d'une inextinguible Voie Lactée ( « ô súur lumineuse » Ė Apollinaire). Il ne prétend pas à la poésie, et pourtant j'entends le poème dans ses chansons, depuis déjà quelques années que je l'écoute. Avec la publication de ce livre, le poème de la chanson, on peut donc le lire. Le grand poète Edmond Jabès a une très belle parole(1), que j'aime à me répéter : « L'écrit n'est pas un miroir. Écrire c'est affronter un visage inconnu ». Comme si le miroir et l'écrit relevaient d'action essentiellement opposées, sinon contradictoires. Comme si l'écrire, mouvement sauvage et ordonné, courait le risque de se figer dans l'action du miroir. Singulière et clairvoyante pensée ! Le miroir n'a à nous proposer que du connu, mais il est aussi des miroirs brisés.

Sans aller plus loin, on peut donc dire que le poème, l'écrire du poème n'est pas un miroir, ou que, s'il était miroir, ce ne serait que pour le fendre et il serait miroir brisé. Oui, dans tout poème, aussi bien qu'il y a quelque chose de caché, il y a quelque chose de cassé. Quoi, du cassé et du caché est le plus imperceptible, le plus manifeste ? La brisure du miroir, c'est le poème même, dans son indétermination, faite de hasard et de pêche miraculeuse, cet « heureux moment » que les Grecs nommaient kairos. À les entendre ou à les lire, Les chansons poèmes de Stéphane Lorit se révèlent bien comme des agents actifs de cette brisure, indélébile.

Ce qui est peut-être troublant aussi dans une telle publication, c'est la dualité qu'elle révèle (gardons en tête cette notion d'espace-temps miroir). Dualité dans le sens où elle permet ce qu'un recueil ordinaire de poèmes ne permet pas, ou plus difficilement : ce va-et-vient entre mots et musique, entre mot du poème, et mot de la chanson, c'est-à-dire de la musique. C'est une richesse remarquable pour l'esprit et la sensibilité. Il y a un arbitraire de la musique qui répond au hasard décisif (ou objectif aurait précisé le surréaliste André Breton) de la parole poétique. Un des paradoxes de cette dualité, et non des moindres, est qu'elle alimente les formes d'un dialogue aussi inopiné qu'affirmé entre mots et musiques. Peut-être en raison de ce paradoxe, certains refusent la musique au poème (je veux dire au poème qu'on interprète en chanson), comme si les mots se trouvaient fondus, englués, dilués et même évaporés dans la musique. Ils ne comprennent pas, ou ils ne sentent pas, que les mots ne se fondent pas. On peut confondre un mot avec un autre, on ne peut les fondre. Et d'ailleurs des mots résistent à la musique, comme s'il fallait leur demander Ė quoi ? Leur accord. En fait dans la musique, et ici dans l'interprétation chantée du poème, les mots trouvent une nouvelle incarnation, une nouvelle inscription, un neuve scription. Ne plus les y reconnaître est quelquefois le plus beau signe de reconnaissance.

Mais tout cela est un peu trop théorique.

Car Me voilà rue Louis blanc apporte bien autre chose que la démonstration de ce que je viens d'esquisser un peu rêveusement, rêvassement, même. Stéphane Lorit a le talent de capter les scènes du quotidien, et de leur donner une résonance sensible dans une histoire dont le sens émeut, tout autant qu'il grandit. Son écriture sait jouer aussi bien avec le rythme du vers, que tisser des images, éveiller l'émotion comme on ranime la braise sous la cendre qu'on croyait refroidie. Si on décèle souvent une profonde tendresse, un cúur qui aime l'humain, le vivant, un regard de qualité et de lucidité sur ce qui l'entoure, ce n'est pourtant pas sans que perce ici et là une inquiétude fondamentale. Ses textes expriment donc aussi une forme de conscience tragique de nos destinées, qui parfois peut aller jusqu'à laisser en suspens le jugement ou la conclusion qu'on serait tenté, hâtivement, de porter. La beauté de ses textes, comme de ses mélodies, reflète bien une tonalité particulière de son attention aux êtres et aux choses de ce monde. Et comment, sans cela, pourrait-il donc trouver nos chemins de cúur, et nous toucher, et nous livrer, en toute confidence et en pleine confiance, ce simple et merveilleux aveu : « Me voici... Me voilà rue Louis Blanc »... ?

Éric Simon 14 déc. 2019

(lendemain d'un vendredi 13 !)

1 En épigraphe de Le petit livre de la subversion hors de soupçon

poèmes

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Livre accompagné d'un CD de

trois poèmes mis en musique et chantés par l'auteur

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La lecture d'Éric Simon par Claude Serreau

Ma rencontre avec Éric Simon remonte déjà à une bonne dizaine díannées, sans doute en líécoutant dire, chanter ou présenter les textes des poètes quíil affectionne, Rimbaud, Apollinaire, et, plus près de nous, Cadou et Norbert Lelubre, deux poètes nantais díenvergure, le dernier quasiment ignoré ! On pouvait déjà juger des connaissances et des capacités díanalyse dí Éric Simon et soupçonner que ses propres écrits ne devaient pas être sans intérêt, même si sa production se cantonnait dans la discrétion, textes publiés en revues et quelques recueils qui auraient dû attirer davantage líattention sur quelquíun qui « níécrit pas pour passer le temps » !

Il aura donc fallu le regard attentif de Marie-Laure Herlédan et de líassociation « Des Sources et des Livres » pour que, avec le soin tout particulier quíelles apportent à leurs éditions, paraisse, sous jaquette, « La lampe díun damier » et « En quatre ou cinq poèmes de vives voix », et que síimpose, à tout lecteur attentif à la Poésie, la personnalité et la qualité des poèmes díÉric Simon. Certes, il síagit díune écriture exigeante, souvent sous une forme serrée et dense en son expression, même si le lyrisme se libère et retrouve un ton cadoucéen dans le second recueil. Il faut aussi lire la présentation que fait líauteur dans son « ambule » et dans « la mémoire díun poème », travail díorfèvre síil en est ! Car tout, à partir díimages et de mots forts, est líobjet díune réflexion sur líintuition et líacte díécrire quant à sa situation dans le temps. Et Eric est un expert quand il traite de la temporalité ; ce «damier », cíest bien líalternance jour/nuit qui conditionne notre passage éphémère ici-bas, le visible et ce qui líest moins avec nos pauvres moyens díhumaine expression síil faut « couper dans líétau diffracté de la nuit », à líopposé « díun participe présent ». De là cette « attente du poème », « ce quíil nie », ce « poème tu » dans « líencre comme líombre / où le corps passe / sans envers au miroir », à líordre du « temps mégissier »,belle image pour « celui qui se souvient et décide / díouvrir encore pour rien / une porte qui níexiste pas ».

Cette réflexion développée dans « En quatre ou cinq poèmes de vives voix », díabord comme martelée, « Deux fois un mot », (le poète est un ouvrier qui síinterroge), « question du poète question au poète », culmine sur un envol lyrique avec le magnifique poème dédié à la mémoire de Norbert Lelubre, « Nocturne de mes pas », qui est aussi une sorte díhymne aux paysages nantais quíÉric Simon ne cesse díarpenter en relisant leur histoire littéraire. Comment ne pas être emporté par cette voix qui sonne authentique et sincère à la recherche de « líassomption du poème » selon son plaisir « díaède triste », « intact instant » ou « chanson de líesprit », Eric est musicien, ne líoublions pas, et ce en toute fraternité, et surtout si dans « la pesée díun poème / comme une paume de cendres / personne níaura sauvé / la réponse des larmes ». Bien sûr, conformément à la citation díArthur Rimbaud qui clôt le recueil « Et libre soit cette infortune » !

La lampe d'un damier
suivi de
En quatre ou cinq poèmes de vives voix

L'arpenteur poète

Que les Sources et les Livres édite Éric Simon avec hardiesse et fierté, oui. Mais c'est aussi gager que le lecteur sera saisi par l'originalité et la puissance de cet auteur qui travaille à interroger le poème et la matérialité même du langage.

Que dit sa poésie, que dit son écriture, que dit le poète ?

« Se préoccuper de poésie c'est serrer les dents, changer de ton, casser le rythme... Les mots forment le corps inconnu du poète, le poète est nu dans les mots »(1) disait Éric Simon dans un entretien en 2005. Nous voilà entretenus, pour une part, du rapport qu'à le topographe avec ce qu'il écrit.

L'auteur de On n'écoute quelqu'un, En relisant Rimbaud, Poèmes narrés, Il l'absent, mais aussi d'un essai sur le sacrilège et l'imposture dans les úuvres de Barbet d'Aurevilly et de Bernanos, d'une pièce de théâtre intitulée Le sommeil du prince, loue volontiers ses « amis inconnus » : Baudelaire, Reverdy, Dadelsen, Apollinaire, Jabès, Char, Cadou... dont il célèbre certains poèmes en musique.

Nantes est le lieu de son écriture, il parcourt cette ville continûment à pieds, à vélo : « Je la cherche encore, comme si elle continuait à s'inventer sous mes yeux, sous mes pas, elle reste difficile à cerner »(2). Parle-t-il de l'écriture même ?

Au rythme de ses pas et de ses pédalements, il arpente, avance, grave et étonné, découvre dans les rues et dans les mots « Je marche, je piétine et je creuse... »(3), questionne, se questionne, pousse loin les limites de la seule phrase ou du tapon de mots : « Il y a le rythme du poème, extraordinaire révélateur de la personne du poète... »(4).

Lui suffisent-ils cependant, ces mots que le lecteur parcourt sur la page, disent-ils le regard porté, la pensée venue ? « J'ai l'impression qu'ils disent toujours autre chose. Je voudrais beaucoup de clarté et j'ai bien du mal à l'atteindre, à l'approcher. Il y a des masses de mots à fendre, comme granit, ce travail est bon... »(5).

L'arpenteur avance néanmoins. Il le faisait déjà dans pages et seuils de la nuit sentinelle, mais avec doute : « Il est possible que l'art de l'arpenteur soit tellement subtil qu'il disparaisse avec lui ». Dans ce nouveau recueil le pas est plus sûr, le vélo solide, une lampe éclaire. Si la ville n'est pas sereine toujours « dans les rues qui prennent froid »(6), si sur la « rocaille de malencontre » il a failli trébucher, si le poème à le droit « d'attendre le vide », il ne s'arrête pas car il y a une « coupée de lumière », même s'il n'y a « pas d'éclat où chanter le mot », ou s'il fait échec, l'aède s'essaye à nouveau à « chanter l'encre », car « la page reste du côté de la lumière » de La lampe d'un damier.

Éric Simon a sa cadence. Il a le temps. Un andante régulier « Il y a le temps où l'encre cherche sa craie ». Nous accompagnons son soliloque, car la musique en est belle, le mot, même répété deux fois, même en litanie nous éclaire nous aussi lecteur. « La question du poète, question au poète » nous est posée, on en entend les notes, la suspension de toute réponse le temps de se reprendre, de síasseoir. Et le poète alors assis fait mémoire de ses amis.

« Voici deux textes, deux ensembles bien différents. Ce n'est pas le même travail d'écriture, mais j'y suis bien attaché et c'est bien moi.  » écrit-il dans un lettre de juillet 2018.

Après de longues discussions et avant l'édition ne varietur, les textes ont été groupés en un ensemble de deux recueils consacrés à « l'éloge de la rêverie » au « geste de pur poème ».

M.-L. J. H.


1 Ė Revue Signes numéro 25
2 Ė Entretien, Pages Insulaires, numéro 23
3 Ė Id.
4 Ė Id.
5 Ė Id.
6 Ė « On n'écoute quelqu'un »


poèmes
illustrés de 4 animaux fantastiques
d'Anne Maurice

12 Ä


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Quand les poètes cherchent la petite bête
Yves Maurice

Ici les animaux sont rois pour mieux parler des hommes et de la terre. Comme il en est coutumier, Yves Maurice laisse à l'humour - assez souvent acidulé - et à la pure fantaisie le soin de nous inviter à regarder un monde proche et souvent négligé. Condition première pour se souvenir d'en prendre soin...

C'est aussi un plaidoyer pour un art poètique où la simplicité des formes est l'alliée de la finesse du propos afin que nul ne se sente interdit d'y accéder.

" Être poète
Je níy arriverai jamais
Jíai beau me creuser la tête
Les mots ne répondent pas à líappel

Tête de pioche ! me dit le maçon
Prends ton courage à deux mains et díune ton crayon
Mot après mot, avec un bon mortier
Tu bâtiras tes pensées
Construis du solide, du beau, du bien charpenté
Des textes qui parlent díamour et díamitié
..."

En effet :

" La poésie níest pas une chasse gardée
Tout le monde a le droit de síy nicher "

Quatre photos des Animaux fantastiques créés par Anne Maurice viennent accompagner toute la joie créative de ce recueil.




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À découvrir sur le site de Pierre Campion
un beau texte de Yves Fravalo
à propos de L'eau de la grèveÖ

Poèmes de Jean-Pierre Boulic

avec quatre dessins de Nathalie Fréour


Líeau de la grève est si bleue
Quíelle apprivoise mon âme
Síaccorde aux yeux de líenfance

La grève cousue de roches
Ruisselle de tous les songes
Des odeurs de goémons...


Auteur d'une ample oeuvre poétique, Jean-Pierre Boulic síest vu attribuer le Grand prix de poésie Louis Montalte de la Société des Gens de lettres à líautomne 2010 et, en mai 2014, le Prix Yves Cosson de poésie de líAcadémie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire.

Des lecteurs écrivent...

Jean-Claude A. Coiffard

Où donc est ce lieu dont l'eau de la grève est si bleue ? Ce lieu où le temps passe avec un bruit d'ailes et où les pluies de printemps font palpiter la terre. À n'en pas douter ces paysages qui s'accordent si bien au cúur des enfants et qu'on entend marcher vers l'éternité au pas de l'eau, ces paysages sont ceux d'un pays où ruissellent le lait et le miel et il n'est pas de meilleur poète que Jean-Pierre Boulic pour nous les décrire d'une telle façon qu'ils prennent chair dans notre imaginaire.

La lumière que notre poète nous fait voir, les parfums qui imprègnent ses poèmes, les couleurs qui se bousculent dans la marge du livre, tout cela nous semble décrire une terre tombée des mains du ciel. Mais, c'est le Royaume. Grâce à une écriture parfaitement maîtrisée, Jean-Pierre Boulic, peut-être au sommet de son art, nous approche, à pas de mots, de ce qui est son inépuisable émerveillement en nous faisant entendre la louange, les petits chants d'amour qui s'élèvent de la nature vers le Créateur. Et cette louange, le poète la fait sienne. Elle s'élève, cette louange, dans un frémissement de voyelles qui ressemble à un chant d'oiseau dont les trilles lumineux éclairent toutes nuits.

Entre souffle et silence, Jean-Pierre Boulic écrit toujours à l'encre du cúur Ė des rumeurs d'une gare à ceux de l'océan, des feux-follets de la Toussaint à l'enfance écartelée. Il sait, notre poète, il sait nous transmettre Ce qui reste d'une vie / De tous les méandres / Des éclats de l'océan. A l'encre du cúur, on le suit à travers les cinéraires, vers la lumière, vers le mystère d'une source où la clarté prend vie. Vers une parole qui serait la Parole. C'est l'indicible que tente d'écrire Jean-Pierre Boulic et c'est líindicible que les anges ou que les oiseaux nous chuchotent à l'ombre de ses vers et que l'on perçoit tel un léger souffle que sèment, dans l'azur, deux petites colombes.

L'eau de la grève est si bleue », est un livre aux questions essentielles Ė que reste-t-il d'éternel dans le présent qui fuit mieux que du sable entre les doigts ? Mais qui ouvrira / Le livre scellé / Du lin de la nuit ? Et le poète de rechercher ce que tisse le vent sous la rosée des mots. Je vous le disais, il me semble que Jean-Pierre Boulic atteint, dans son dernier livre, le sommet de son art. Ses mots s'allument de page en page pour déposer un diadème sur la terre du poème. Ses poèmes sont accompagnés de quatre superbes dessins de Nathalie Fréour qui, jouant habilement sur les blancs, fait chanter les noirs.

Ce livre est une réussite que l'on doit aux Éditions Des Sources et des Livres, maison peut-être trop discrète, mais toujours aussi efficace. Je suis heu ;eux, aujourd'hui, grâce à cette brassée de poèmes dont la fragilité même assurera la trace dans les âmes, je suis heureux de saluer mes amis, Marie-Laure et Gilles Herlédan, magnifiques passeurs en Poésie.

Pierre Tanguy

Jean-Pierre Boulic nous attire, dans son nouveau recueil, au « royaume díenfance ». Mais, comme dans ses précédents ouvrages, cíest pour nous dire « la trace de líinfini qui habite toute créature au monde ».
Le poète breton Ė il vit à la pointe nord-ouest du Finistère, dans le Pays díIroise - ne voit « pas autrement la poésie que parole sacrée, cíest-à-dire éclairée pour être donnée en partage comme nourriture spirituelle à líinquiétude díun monde profondément sécularisé qui peut empêcher líhumain díêtre homme ». Il le dit lui-même dans un court texte qui clôture son livre. Et ajoute que la poésie est toujours « le fruit díune expérience humaine ».

Cíest encore le cas dans ce livre (quíil dédie au poète Philippe Mac Leod) où dominent, cette fois, les réminiscences du pays díenfance. Quíil síagisse, par exemple, du préau où « traînent » ses « songes ». Quíil síagisse de « Líété dans le ruisseau / De cressons et de menthes/ (Ö) Où glisse le sourire / Díune mère attentive ». Quíil síagisse encore des « châteaux díenfants / Forteresses menues / Avant la marée haute ».

Les fleurs, les plantes, mais surtout les arbres et les oiseaux (que líon retrouve dans trois dessins, ponctuant ce livre, de líartiste Nathalie Fréour) forment ici, à la fois, un bestiaire enchanté et un herbier díenfance. Si dans les Évangiles « les oiseaux du ciel ne sèment ni ne moissonnent », on les découvre chez Jean-Pierre Boulic « Pauvrement habillés / Réjouis par les miettes / Tombées des mains du ciel ». Manne providentielle à quoi síajoute la « présence des sources » car « Qui ne viendrait síabreuver / Díune eau si vivante ? » (le puits de la Samaritaine níest pas loin). Des références bibliques Ė discrètes Ė innervent, en effet, ce recueil. Ici « líestran médite » et « les anges du lieu » sont « si proches de líinvisible ». Et quand le poète arpente la grève (où líeau est si bleue), il peut écrire : « Je crois mon pas sans vanité / Au paradis des brumes / Habité díoiseaux gris ».

Jean-Pierre Boulic contemple le monde et níen finit pas de síextasier quand il côtoie, par exemple, ces « bleuets ensoleillés / Mettant sarrau díécoliers ». Il inscrit aussi son dit dans cette « terre de Bretagne » aux « profonds horizons » et se souvient de « Líenfant tiré díun blanc sommeil / Par la corne de brume ».

Dans un terroir où, par des temps bien plombés, le ciel et la terre parfois se confondent, le mystère de la vie síépaissit forcément. Le poème est alors là pour dire líinvisible et líindicible.

Stéphane Bataillon

Poète chrétien né en 1944 et auteur d'une úuvre déjà importante, Jean-Pierre Boulic vient de publier L'eau de la grève est si bleue. Il invite à s'intéresser à un langage libre, irrigué cependant du sang de la réalité ». Face à une littérature contemporaine qu'il juge décorée par les faits divers, il propose une poésie qui « ouvre le cúur à ce qui est, aux choses, aux gestes, aux faits les plus simples de la vie de chaque jour, aux réalités qu'on ne voit pas ». Une poésie au plus proche des éléments et des mouvements d'une géologie intime.

Thierry-Pierre Clément  1160 Bruxelles (Belgique)

Cher Jean-Pierre,
Après avoir lu et relu attentivement (et méditativement) L'eau de la grève est si bleue, je viens vous dire que ce recueil me touche autant que les autres Ė les quelques-uns que j'ai eu le plaisir de lire jusqu'ici. Il me touche dans sa profondeur de l'essentiel, avec ces mots simples et sans fioritures inutiles qui semblent être la marque de votre talent. L'essentiel, c'est-à-dire ce « clair surgissement de vivrre », à l'ékoute des « signes / advenir de l'invisible / qui passe le monde » et du « haut vertige de l'inaccessible »- Vous le dites bien dans votre « Réflexion sur la poésie » qui figure à la fin de votre ouvrage : « Je ne vois pas autrement la poésie que parole sacrée-.. [...] Le propos est de laisser respirer ce qui transparaît de l'infini. En soi ou en toute créature... [...] Chacun de mes livres tente de suggérer ce qui est essentiel [...], la trace de l'Infini qui habite toute créature au monde, créé et incréé, dans l'expérience du silence- »
[Ö]
Ainsi, peu à peu, mot à mot, iles paroles du poème mettent au jour « un pays [qui] s'accomplit / l'âme tournée vers les lointains [Ö] [dont] on a déjà ici et là / lumineux pépiements ». Par votre poésie, vous « entrez dans cette louange / que porte la lumière des mots », [...] « langage d'océan et de ciel / alors qu'advienne la parole ! » Pas faeile, pourtant, de dire l'indicible, de toucher l'insaisissable... paradoxe et désir de toute notre humanité, qui font de ceux qui sentent au fond d'eux-mêmes cet appel étrange de perpétuels voyageurs, « dans l'errance inapparente ». « Cúur d'un déjà-là / encore à venir / appelant la vie / qui va par surcroît ». Oui, vous écrivez ce que vous vivez, et vous vivez « ici sans bruit / mais en attente / sans doute / 1'úil grand ouvert / au souffle de la terre // [Ö] et ce que [vous recevez] / uniquement / suffit / à [votre] désir / d'écouter cette voix ».
[Ö]
J'ai tout particulièrement aimé les pcèrnes des pages 44, 65 (« ce souffle inaperçu »), 66, 72, 82, 90 et 91. Et ceci, inspire semble-t-il par l'épreuve surmontée, et un chemin de vie tourné vers la lumière en depit de toutes les diffcultes : « je rends grâce d'être sauvé / par l'amour qui donne d'aimer / dans un mot un baiser un geste / un lieu où gémit l'inédit / chuchotement de la lumière » (page 43).
Laissez-moi terminer cette lettre par deux paroles entendues de la bouche de Jean-Paul Dessy, violoncelliste et compositeur, qui me semblent entrer en résonance avec votre belle poésie : « Le grand silence est la grande présence » ; « Vous êtes Lurnière st vous retournerez en Lumière ».
Merci, cher Jean-Pierre, merci de tout cúur pour votre poésie qui, je vous l'ai écrit déjà fait du bien ! En ces temps de ténèbres, il faut faire entendre cette autre voix.
[Ö]
Avec toute mon amitié.

Jean-Pierre Boulic parle son travail poétique
Texte publié sur le site Ecritures et spiritualités

Pourquoi jíai écrit ce livre :Si líon veut faire court, il y a une vérité : pour chaque personne, il síagit de vivre, vivre à présent, ici et maintenant.

À partir de cette réalité, mon sujet díauteur níest pas díinventer. Il ne sert à rien de síétendre à longueur de pages ou de propos sur les pesanteurs de ce qui ne va pas. Sans le nier, au-delà de ce qui peut apparaître détresse des jours où beaucoup de nos contemporains sont livrés au relativisme, à la pression de líutilitaire et des idoles consuméristes, je suis conduit ou appelé à donner humblement en partage líhistoire díune rencontre personnelle avec ce qui fait vivre au cúur le surgissement de líêtre ; autrement dit, ce qui donne sens à une vie *.

Au travers de mon vécu, au contact de la nature et dans la rencontre des événements dont hommes et femmes sont les acteurs, je tente de suggérer ce qui, à mes yeux, est essentiel et authentique. Même si dans ces événements il y a souvent blessures de líamour, souffrances physiques ou poids du violent mensonge de nos sociétés.

Par líinnocence du regard de líenfance Ė ce secret en soi qui illumine chacun Ė avec líencre du cúur humain et les couleurs quíoffre la nature, jíessaie díapprivoiser, plutôt díémerveiller ce monde en croyant que le lecteur aura le sentiment díêtre plus vivant.

Le regard de la poésie découvre ce qui est en genèse en soi et dans le monde, un monde livré à lui-même qui est à réussir en dépit de tout. Voilà qui nous met face à nos responsabilités : « Serons-nous à la hauteur de líenfant que nous avons été ? » interroge Colette Nys-Mazure.

* Cf. article « Plaidoyer en faveur de la poésie Ė Une urgence pour aujourdíhui » in « Christus » n° 259 Ė juillet 2018

Entretien donné au Télégramme le 19 novembre 2018
Jean-Pierre Boulic : « une révision complète de nos façons de vivre síimpose ».
Poète installé à Trébabu, Jean-Pierre Boulic vient de faire paraître « Líeau de la grève est si bleue », son 28e ouvrage, aux éditions Des Sources et des Livres.

Que pouvez-vous déjà nous dire concernant ce nouveau recueil de poésie ?
Avant de parler du fond, je voudrais tout díabord mí'attarder sur sa forme. Jíai été très agréablement surpris de découvrir la qualité de líédition. Ce livre répond à une commande de Des Sources et des Livres (mon éditeur attitré - établi à Rennes - reste toutefois La Part commune), une maison díédition implantée à Assérac, en Loire-Atlantique. Celle-ci a eu líexcellente idée de faire appel à líillustratrice Nathalie Fréour - qui níest autre que la nièce de Jean Fréour, líun des plus grands sculpteurs français du XXe siècle - qui a fait un travail remarquable.

Et sur le fond ?
Ce livre contient toutes les impressions sonores et colorées du Finistère, quíon retrouve dans ce que jíaime à appeler líinstant poétique, et que jíai ici croisé avec le royaume de líenfance. Jíai cherché dans cet ouvrage à livrer un regard sur la nature - qui inspire líensemble de mes récits - mêlé à celui, libre et dénué de malaise, de líenfant. Un des aspects essentiels de ma démarche poétique consiste en effet à affirmer que líenfance est au secret de chaque vie. Un secret qui anime le mystère de nos existences. Ce livre en est un vibrant témoignage.

Malgré la douceur de vos mots, vous continuez de vous inscrire en dehors du système consumériste dans lequel nous vivonsÖ
Le consumérisme à tous crins est une gangrène qui dessert líensemble de líhumanité. Et je pense quíune révision complète de nos façons de vivre síimpose. Dans líintervalle, la poésie permet de faire face au réel. Tout comme elle permet de soulager les souffrances et les blessures. Mon travail nía díautre objectif que de donner une espérance « à bas bruit » comme je me plais à le dire, délivrer un message díamour fondé sur le respect de la nature et de líautre. Cíest, je crois, ce que mes lecteurs attendent de moi en tout casÖ





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10 Ä
Au fond d'une sorte de hangar, un immense écran qui laisse voir une image arrêtée : quelque chose comme un océan en pleine tempête, une tempête démesurée, apocalyptique. Sur le haut de l'image est écrit en incrustation : « Anthropocide Game ». Plus bas, une boîte de dialogue avec les 3 touches suivantes : « Continuer, Sauvegarder, Sortir ». Devant l'écran une table de console avec des tas de boutons lumineux de différentes formes : certains en continu, d'autres clignotants.
Le tout est très futuriste, ergonomique et high tech, le décor comme la musique, ou plutôt la bande-son. À gauche et à droite, deux hublots d'un autre âge, couverts de toiles d'araignée et de poussière...

...Il me faut attendreÖ Sans perdre confianceÖ Pourtant mes sens
s'affaiblissent, je me sens vieux comme le monde, je ne reconnais
plus l'ombre de ma main, ma barbe ne sent plus les étoiles. J'ai
terriblement soif. Si au moins j'avais quelqu'un à qui parler. Pourquoi
personne ne me répond ?





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434 pages  15 Ä



Jacques Balièra, fidèle aux Sources et aux Livres, continue à nous inviter à le suivre dans ses itinérances. Il n'est pas de route, de chemin ou de sentiers qui ne soient occasion de rencontre avec soi-même. L'aventure, quel qu'en soit la cadre, grandiose ou très modeste, est toujours intérieure.

Ses "diversions" sont celles que nul ne peut éviter quand souffrances et départ d'une mère viennent fouailler le coeur.










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50 pages 8 Ä

Enraciné dans le granite guérandais, Yves Maurice a dès líadolescence photographié, dessiné et chanté son Pays blanc des marais salants et le Pays noir de la Grande Brière. Instituteur pendant vingt-cinq ans, il síest aujourdíhui définitivement tourné vers líécriture : roman jeunesse, nouvelle, conte, récit de vie, poésie.

Il nous donne ici le vif d'une écriture au plus proche de son expérience où les embûches de la vie n'excluent pas l'humour et la tendresse.

Dans le poème "je n'irai plus au bois" il les dédie...

...À ceux qui portent leur regard

Au-delà díeux-mêmes

Pour défier la nuit









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113 pages 15 Ä


Claude Serreau a honoré Les Sources et les Livres en lui confiant son nouveau recueil.

Note de l'éditeur
" Depuis toujours les poèmes de Claude Serreau sont comme les grands fûts d'une forêt. Sur chaque page une essence différente « qui sait gratter la soupente du ciel... ». Poèmes-arbres avec racines et tronc occupant verticalement la page. Tandis qu'il descend profondément les fragments de son écriture pour puiser dans une terre légendaire, le mot s'élève dans sa gravité, gravé à jamais : « Sur son écorce se dessinent les révoltes / qu'il a su taire, et l'isolement grandit / en force sa manière de résister. Quand dans les vallées s'exaspèrent la sécheresse et la stupeur du monde, par la fenêtre de ses branches / l'espoir se hausse au cúur de la Cité ». Le poème apparaît ainsi dans sa majesté. Puis sa vaillance reprend perpendiculaire après un verso de repos. Il n'y déroge pas, le prophète est têtu, il dit qu'il se répète en sa métaphysique, depuis la nuit des temps. C'est toujours la même chose dit-il en souriant. Vieux Quohélet au yeux d'enfant qui aspire malgré tout à s'émerveiller, tout effrayé qu'il est cependant. Son « courage découpé dans l'arbre du matin »." ...
Lire l'intégralité de la "note de l'éditeur" ici

La préface de Eric Simon est accessible ici





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220 pages 12 Ä

" Celui qui nía rien díautre que de quoi subsister est le plus riche des hommes. Il nía rien : cela veut dire quíil nía rien à surveiller, rien à défendre. En revanche, la terre entière lui appartient comme elle appartient aux petits oiseaux. Il en a líusufruit et il peut se permettre de jeter sur la propriété privée un regard malicieux et serein."

Sur les routes incommodes et le soleil ardent de Catalogne, sur des destriers de ferraille roulante, un grand maigre et un petit plus rond ne cessent de se chercher, de se fuir et de faire jaillir, comme silex qui se heurtent, des étincelles de sagesse.

Dans ce roman, comme nous le savons depuis ses "récits et nouvelles", lire Jacques Balièra, c'est partir. Petit voyage, grande distance, aux confins du monde, au coin de la rue, très loin dans l'imagination ou au bord de son âme. Toujours l'attention à de la fragile humanité toujours prête à se craqueler et qu'il faut continuellement ravauder, dont témoigne ici de nouveau les paraboles de son écriture.







60 pages grand format sur papier ivoire
15 Ä

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Sont-ils deux papillons eux aussi dont l'un aurait peint du bout de son aile tandis que de sa patte l'autre aurait loué la fleur ?
Ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est que dessin et écriture sont en conversation. La forme généreuse donnée à la fleur de lilas, l'utilisation d'un trait minimal pour une rose, dialoguent avec les poèmes de Jean-Claude Coiffard dont les phrases brèves s'apparentent à des haikai que Bashō, en habit de moine dans son ermitage aurait dicté à un disciple.
De son côté, le travail si singulier de Nathalie Fréour n'est pas sans évoquer la stylisation audacieuse, par-delà le temps, du Japon ancien.
Dès en ouvrant le recueil, en entrant dans le jardin, l'écriture se fond dans le paysage et le paysage restitue l'écriture. La simplification des motifs de la peintre, parfois dans ses dernières limites, invite Ė ou est-ce l'inverse Ė la plume du poète dans des retranchements épurés.
Graves et légers tous deux harmonisent.
Les sanglots des glycines font-il plus de bruits que les cris des enfants, voit couler à son côté un pampre douloureux sur une joue imaginée. Mais aussi la foison fleurie de pruniers blancs est au bord du rire qui se répand sur la page poussant ainsi aux éclats de mots : Elle attendait le Petit Prince / elle accueillit des pucerons / la rose.

Qu'hommage soit rendu à deux artistes : Nathalie Fréour et Jean-Claude Coiffard qui, chacun dans leur art, inventent une ode pour un jardin ouvert, plein de roses.





110 pages 12 Ä

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" Pour Christine Guénanten, la poésie sauve le monde à chaque pas, à chaque souffle, à chaque éveil, à chaque instant. Avec allégresse, elle ne cesse d'écrire à sa santé. À la tristesse, elle oppose le pain des jours, le miracle de la beauté, le fil d'or de la joie. " On ne saurait mieux dire...

C'est par ces mots que Jean Lavoué nous invite à la découverte d'un choix de poèmes de Christine Guénanten, longtemps mûris dans de précieux cahiers et glanés par Marie-Laure Herlédan.

Ainsi nous nous souvenons que " Le poète travaille / il déplace les mots / les silences, / met de côté la tristesse, / colorie l'horizon / l'Avenir " et " Libère de l'obscurité / Le feu de la prochaine aurore ". Nécessité du poème !





Novembre 2016




216 pages 14 Ä
accompagné d'un CD de deux récits enregistrés par
Cédric Zimmerlin

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À la fin du repas, excellent et très arrosé, tandis que fusaient en tous sens les bonnes vieilles blagues et leurs gerbes de rires, et alors que Laurent considérait quíil níy avait plus rien à craindre, Carole, petit sourire aux lèvres, demanda à Johanna comment allaient ses blessures.
Ė Blessures ? Quelles blessures ? síinquiéta Marco.
Silence de trois secondes, pas plus, mais plus dense que líacier. Johanna, le feu aux joues, lui montra son úil.
Ė Ah oui, en effet ! síaperçut Marco qui líinstant précédent ne voyait rien.
Ė Je suis tombée, expliqua-t-elle comme on attrape une bouée de sauvetage.
Ė Ce sont ses lunettes quiÖ, jubila Carole.
Ė Mais non, ironisa Laurent qui avait beaucoup bu, cíest moi qui líai frappée !
Ė Je níai pas dit ça ! se défendit Carole désarçonnée.
Ė Je plaisante, voyons ! ricana-t-il.
Johanna regardait son assiette où fondait un reste de sorbet. Elle sentit le monde se fissurer autour díelle.
Ė Mais oui, il plaisante, síefforça de la rassurer Marco.
Extrait de Je crains moins le loup que l'homme

Ė On a fait de sa vie un enfer, monsieur. On lía rendu fou. Cíest pour ça quíil a fugué et cíest pour ça quíil síest tué.
Ė Et alors ! soupire-t-il. Jíen fais quoi de ça, moi ?... Hein ?...
Et, pianotant sur le rebord de son bureau :
Ė Síil fallait mettre en taule toutes les petites crapules de votre espèce, il níy aurait plus personne dans les rues !
Jíinsiste :
Ė Mais monsieur, on est responsables de sa mort !
Ė Vous réglerez ça avec votre conscience !
Je repars déçu, écúuré, amer. Je me suis ridiculisé. Et à la limite, je viens de passer pour une balance à ses yeuxÖ
Extrait de Sois rebelle et tais-toi


De la grande victoire que le vaillant don Quichotte remporta
dans l'épouvante et incroyable aventure des moulins à vent,
avec d'autres événements dignes de mémoires

Lire Jacques Balièra, c'est partir, se mettre en exode. Petit voyage, grande distance, aux confins du monde, au coin de la rue, très loin dans l'imagination ou au bord de son âme. Le vieil Hippolyte le sait, lui qui en fait le récit à sa Marthe, vieil Ulysse au long périple, au combien touchant, qui signe d'un « Votre maladroit mais fidèle chroniqueur »1.

Le thème de la pérégrination traverse son travail : on y voyage beaucoup à pied, à vélo, à pattes, en voiture, en stop comme dans Barrio Santa Magdalena, Dernier voyage, Adieu la compagnie.2 ou Suivez le guide3, La figure d'un Don Quichotte tout vêtu d'honneur et d'armure n'est pas loin qui l'a nourri dans sa jeunesse.

Où l'on raconte l'entretien...

Les sources d'inspiration, Ė on pense à Giono lorsqu'on lit Requiescat in Pace, à Maupassant dans Un Pêcheur endimanché, à une ambiance de grand Meaulnes dans Fifi, à Zola et la faute de son abbé Mouret dans la Blanche d'un presque pareil jardin aux roses Ė (mais peut-être sont-ce des hommages inconscients ?) tiennent compagnie au lecteur tout en laissant néanmoins la place à un travail singulier, à une écriture toute personnelle.

De l'aventure la plus extraordinaire qu'ait jamais accompli aucun chevalier fameux...

« On enterra le capitaine Rognon un jour de grand soleil... » commence ainsi Daniel Boulanger pour sa nouvelle líÉtrangère, tirée d'un de ses nombreux recueils intitulé Les noces du merle4 . Ce pourrait être l'entame d'une des nouvelles de Jacques Balièra à laquelle le lecteur est invité. Les animaux sont partout présents dans ses ouvrages, parfois même en sont-ils les héros rebelles, philosophes, heureux ou malheureux. Primo Levi dans les années 60 s'est servi d'eux pour peindre l'âme humaine. On se souvient de la taupe de Nez contre nez ou de l'araignée d'Amours sur toile. « Il m'est arrivé de refaire ma toile trois fois au cours de la même journée, mais au prix d'un effort inouï... Il faut du temps pour tout... »5.

Où l'on parle des choses étranges qui arrivèrent...

Avec Jacques Balièra il y a des pattes cassées, des histoires de papillon, de rat et de souris, d'une dame surnommée Hérisson, d'un Croucrou, d'un chien et de son maître chez le vétérinaire, d'agneaux en voyage dans Terminus : un véritable bestiaire comme chez Ésope et La Fontaine. Nos amis les bêtes font métaphore pour mettre en scène les relations des individus entre eux mais aussi de l'homme face à ses paradoxes.

Confusion même parfois Ė qui est l'homme, qui est la bête ? Ė pour le docteur Lamantin ou pour le petit chat qui parle, prénommé Babylou.

Sont-ils bêtes ces hommes, dont parfois les chiens sont policiers, qui se gavent jusqu'à la nausée... Qui lit Jacques Balièra ne sort pas indemne des travers humains. La page devient tantôt un miroir que l'on regarde, qui nous lit, tantôt une grande arche de Noé où les animaux, compagnons de routes en appellent à philosopher et méditer sur la vie.

Où l'on trouvera la suite...

Récurrence de la mythologie et référence à la Bible font aussi partie de son écriture, comme dans Melchior, Parole díévangile ou L'enfant. Dans la nouvelle intitulée L'orange allusion est faite à ces textes fondamentaux. Elle se termine du reste par le « Et ils virent qu'ils étaient nus » de La Genèse.

Dans nombres de celles écrites par Flannery O'Connor6, il y a mis en scène de personnages qui ont peur, parfois d'eux-même, parfois des autres. Toujours avec justesse. Pour Jacques Balièra il en va de même. Mais l'éventail va de ceux que la souffrance rend méchants et cruels à ceux qui sont débordants de compassion, que l'extrême bonté mène à la passion. Au fil des ouvrages, figure christique, âme égarée, personne mystique se succèdent, en proie à leur jours et à leurs nuits, tel Alfonso l'inconsolé de Encarnación7 qui à le « ...sentiment que jamais, jamais elle ne capitulerait. Que peut-être il mourrait à ses pieds ». Grande solitude s'entrelace à infiniment d'amour.

De ce qui arriva à l'illustre...

Il arrive également que pointent la causticité et l'ironie. C'est le cas de Mièvrerie de l'amour naissant ou de Violences conjugales. La dérision est aussi présente dans Plein aux as, elle côtoie le dramatique pour La Bonne action de Gédéon voire le pathétique et le poignant dans la nouvelle éponyme Jean du voyage. Il semble que l'homme cherche constamment à se racheter d'un mal qu'il ne maîtrise pas et dans les sables mouvants desquels il s'enfonce comme un des personnages de Règlements de comptes, à réparer, à bien faire si ce n'est à faire le bien, à mettre du baume sur la blessure laissée par un Éden lointain, la grande cicatrice en devient même un stigmate chez la jeune délinquante de La Blessure qui a profané la chapelle.

Mais l'écrivain veille sur les vieux messieurs rares, les mémés fantasques, les petites filles chagrines, les adolescents tourmentés, les garçonnets rêveurs, les veuves tristes : « Quelqu'un... avait nettoyé, avait rangé, recousu, réparé, remplacé.8 ». Patient travail de thérapeute sans doute, parole apaisante et réparatrice d'un Jésus.

De la liberté que don Quichotte donna à des malheureux que l'on emmenait contre leur gré où ils ne voulaient pas aller...

Sous la plume de Jacques Balièra, dans la petite vie courante, lors de minuscules événements, pour une rencontre inopinée, un fait subreptice, l'extraordinaire apparaît, le transcendant surgit, fait place à quelque chose qui dépasse de loin l'entendement. Dans un même temps, la mort cette grande faucheuse n'est jamais loin qui côtoie l'amour en le rudoyant parfois, comme dans la chanson de Georges Brassens. L'homme croit étreindre son amour alors qu' il le broie...

Il semble que ce soit de cela, de la fragile humanité, de la fine couche humaine toujours prête à se craqueler et qu'il faut continuellement ravauder, dont témoigne un peu les paraboles de son écriture.

Tant que mon cúur me suit, mon cúur a des témoins9

Marie-Laure Jeanne. Herlédan


1 La terre n'appartient pas... Livre II, Des Sources et des Livres.
2 Grandes Vacances, Livre IV, Des Sources et des Livres.
3 Le Tribunal des animaux, Livre III, Des Sources et des Livres.
4 Les noces du merle, Daniel Boulanger, Folio Gallimard, 1985.
5 Dernier Noël de guerre, Primo Levi, 10-18, 1998.
6 Flannery O'Connor, 1925-1964, romancière et novelliste, auteur entre autres de Les braves gens ne courent pas les rues, Mon mal vient de plus loin.
7 La terre n'appartient pas... Livre II, Des Sources et des Livres.
8 Grandes vacances, Livre IV, Des Sources et des Livres.
9 Les citations en petits caractères sont extraites de L'Ingénieux Hidalgo, Don Quichotte de la Manche de Miguel de Cervantes
Mai 2016



500 pages         20 Ä

Ces Éléments de psychanalyse ont une visée pédagogique à l'attention des honnêtes gens.

La psychanalyse, en un peu plus d'un siècle, est devenue, pour une part, un fait de culture. À ce titre, elle ne saurait se soustraire à toute critique éclairée. Cependant, on ne peut manquer de líobserver, les médias bruissent contre elle d'attaques dont les bases épistémologiques se révèlent fort incertaines.

Sans doute, faute de s'en référer aux Sources que sont d'abord les Livres, il est aisé de donner de la psychanalyse des caricatures outrées. Comme il est cependant certain qu'aucun discours n'est sans cause ni but, nous déduisons que la manière dont la psychanalyse est traitée est au service de la misère intellectuelle du temps, qui promeut le « scientisme » et le « bon sens » si nécessaires à líidéologie libérale et mercantile dominante.

Dans le premier livre de ce travail, nous décrivons le tranchant inaugural de la découverte freudienne et des concepts qu'elle crée. Nouvelle révolution copernicienne.

Le deuxième livre continue de suivre líélaboration théorique et clinique de Freud et des premiers psychanalystes. Síy esquisse le tableau díune psychanalyse à la fois conceptuellement productive et pourtant déjà menacée de se perdre dans son succès grandissant.

Le troisième livre aborde la période la plus contemporaine des théories et des applications cliniques pour la compréhension desquelles les enseignements de Lacan restent fondamentaux.

Il faut considérer, à ce point, comment la psychanalyse est en mesure de répondre aux défis des nouvelles formes du malaise dans la civilisation. Réponses dont nous avons espoir quíelles contribuent à résister à la dépression actuelle de la pensée, dont la crise, que líon veut croire seulement économique, níest pas le moindre symptôme.

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Toute la faune existante était réunie là, les yeux braqués sur lui, dans le silence le plus glacial. Toute líarche de Noé, ici, à líintérieur de cette salle gigantesque où se confondaient absurdement, prairies, forêts et montagnes, jungles et déserts, marécages, étangs, fleuves et océans. Tout cela, ici rassemblé, toutes les végétations, tous les climats, tous les cieux. Toutes les bêtes et bestioles possibles, tous les animaux imaginables de la Création. De compagnie, domestiques ou sauvages. De toutes familles, classes, ordres, et embranchements. Marchants, volants, rampants, nageurs. Chats, renards, lapins, boucs et bouquetins. Chevaux de trait, de course, de cirque. Veaux, vaches, cochons, couvées. Oies, pintades, canards, échassiers. Tous, là, devant lui, le fusillant du regard.
extrait de Le tribunal des animaux


Il replongeait dans ses ratures, mangeait son stylo, suçait sa gomme et louchait discrètement sur líendroit où, pour la dernière fois, il líavait aperçue. Elle était là, il respirait. Elle níy était plus, il tremblait. Scrutait la banquise, de nouveau souriait : Ici, dans líencoignure, juste au-dessus des Cinq Parties du MondeÖ Cíétait, avait-il remarqué, son divertissement favori. Lassée parfois de ses expéditions aériennes, elle quittait pour un temps le plafond, descendait le long du mur en direction du planisphère et parcourait les continents au mépris des mers et des océans, passant de líInde à la Chine en quelques enjambées, du Japon au Brésil selon son bon vouloir, ou de Madagascar à la Nouvelle-Zélande.

Ė On redescend sur terre, Valentin !
extrait de Chers petits anges

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Poète elle-même, Hélène Cadou avait publié dès avant la mort de René Guy.  Puis, ce fut de longues années avant qu'elle ne revienne à l'écriture et construise une úuvre. Son úuvre.

Présentée par Marie-Laure Jeanne Herlédan, cette plaquette rapporte les conférences
données par Jean-Claude Albert Coiffard et Jean-Marie Gilory en novembre 2015 à Faugaret en Assérac. Poètes eux-mêmes, ils ont partagé avec Hélène Cadou une belle amitié littéraire dont ils donnent ici le témoignage.
 
On trouve aussi une bibliographie dont de nombreux titres sont heureusement encore disponibles.

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Ils étaient descendus boire un verre à la terrasse de la station service. Les vitres étaient entrouvertes, la porte de la cage mal fermée. En une seconde, Babylou prit la décision díabandonner ses maîtres au bord de líautorouteÖ

Ras les moustaches de cette famille... 

De cette saleté de voiture, où depuis trois heures maintenant, ses intestins faisaient des núuds... 

Extrait de " Grandes vacances"

... La porte de sa chambre síouvrit furtivement et se referma.

Cíétait elle, comprit-il. Il patienta dix minutes environ : le temps quíil lui fallait ordinairement pour terminer sa ronde et regagner líinfirmerie, à líétage supérieur, celui des grabataires.

Passé ce délai, il se leva dans líobscurité. Se rhabilla, enfila son manteau, enfila sa vieille paire de chaussures, inutilisée depuis son arrivée. Extirpa de sa trousse de toilette une liasse de billets quíil fourra dans sa poche, puis quitta silencieusement sa chambre. Longea le couloir, emprunta líescalier de service. Traversa le réfectoire, traversa les cuisines. Entra dans la réserve où il vola un pain dont il fit quatre morceaux quíil introduisit dans un sac en plastique prévu à cet effet.

extrait de "Adieu la compagnie"

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Faut-il vraiment croire Jean-Marie Gilory quand il confie : "Je níécris / jamais mieux / que par inadvertance " ?
C'est sa belle élégance.

Cependant...

[...] il níest díart
avec les mots
que si paraît
miraculeux leur assemblage
et juste deviné le
contour flou díune émotion
dans ce quíalors
mais alors seulement
on peut bien oser
nommer poésie.

Ce recueil le montre à l'envi !




...La troisième circulait à bicyclette : monsieur Fanini líengagea.
Et très vite il síaperçut, car pour être vieux, il níavait pas les yeux dans sa poche, que madame Espina était très jolie. Petite, brune, les yeux riant, les lèvres couleur Marquise de Montespan, la chair généreuse ainsi quíont les femmes à la plénitude de líâge (la cinquantaine supposait-il). Et en vraie méditerranéenne, elle avait la peau abricot, la démarche chaloupée, et toujours trop chaud.
Bien sûr, il líavait dit, et redit, et répété toute sa vie durant díermite misogyne : Pas de femme à la maisonÖ Mais six heures par semaine, quíest-ce que cíétait, six heures par semaine ! Et même pas dans la maison díailleurs, puisque seulement dans les allées. Et quíétait-elle sinon une rose de plus dans son jardin ? Rose agréable à regarder à défaut des honneurs de son nezÖ Et toujours trop chaud, sensuelle madame Espina ! Et sous le tissu léger de sa robe, le troublant remuement de ses formes tandis quíelle balayaitÖ
extrait de Blanche

ÖEt cette fois, il trouva étrange, vraiment, cette confiance qu'elle lui témoignait.
Une confiance retenue et cependant aveugle. Confiance craintive de l'oiseau dans la main de qui vient de le ramasser. Il éprouva cette fois l'envie de l'engueuler. De lui dire : « mais nom d'un chien, réveillez-vous, qu'est-ce qui vous prouve que je suis honnête!... »
extrait de La bonne action de Gédéon


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...Prince de líEsprit Pur, lui dont Éluard écrit que « voici un homme qui nía pas craint de se mêler au peuple insensé de son esprit, de se livrer entièrement au monde parfait de ses rêves », lui Saint-Pol-Roux, líà nul autre pareil, síadresse à nous.

Líarc-en-ciel est son arme, il irise son propos....

Marie-Laure Jeanne Herlédan

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Tiré à part d'une conférence donnée le 22 octobre 2011 :

... Pour ses paroles extrêmes de gravité, Xavier Grall à la manière de François Villon, mais autrement encore, marie des éléments poétiques du XVe siècle en une synthèse personnelle, une fusion expressive pour un lyrisme moderne ...

Marie-Laure Jeanne Herlédan

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...Et cette poésie, épique et lyrique à la fois, tout à fait et toujours, et à jamais « inactuelle », sans doute parce quíavant tout « universelle » et « permanente », cette poésie de long cours et de lent souffle, nía pas été écrite pour être éditée, le poète síétant toujours fait en quelque sorte prier pour « abandonner » ses textes au martyr de líimprimerie, comme síil tenait à pouvoir considérer son écrit éternellement inachevé, toujours précaire, à tout instant révocableÖ Cíest pourtant cette úuvre voulue malléable et délébile, mais sur la typographie de laquelle il ne tolèrera jamais moindre défaut, qui vaudra à son exigeant auteur le Prix Nobel de Littérature en 1960.

Jean-Marie Gilory



...Cíest toujours la même chose quand on síapproche de Perros, on perd le nord poétique. On peut alors écrire, síécrire et surtout affoler les chants magnétiques. Voilà, ça commence, je vous le disais. Tous ceux qui ont lu et relu Perros, ceux qui líont côtoyé, tous en sont ressortis chamboulés...

Alain Lebeau

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Homo Economicus

L'économie psychique Ė comme disait S. Freud Ė peut-elle résister au primat de l'économie libérale soutenue par le discours de la science sans être profondément affectée au point que les modes d'organisation de la société deviennent eux-mêmes pathogènes en la déstructurant dans une sorte de spirale infernale ?

Il est indéniable que, sans toucher au drame, le tableau de líétat de notre civilisation est assez sombre sur bien des points et que les remèdes níapparaissent pas marqués du sceau de líévidence. Dans la mesure où la restauration díun ordre ancien est impossible, tout autant que non souhaitable, quelles sont les « manières nouvelles de penser et de jouir » qui pourraient être inventées aujourdíhui et vaudraient díêtre transmises ?

En 2002, le psychanalyste Charles Melman écrit : « serons-nous capables de préserver ce qui est la caractéristique de líhumanité, cíest-à-dire la possibilité de líanalyse, de la réflexion et du choix des conduites dans une mutation culturelle qui se présente comme très impérative quant aux comportements et laisse peu de place au choix et à la réflexion ? ».

Faute de le savoir vraiment, le risque est grand de sombrer dans la dépression dont les dénonciateurs de la décadence et du déclin bercent nos esprits mais ne manquent pas de faire leurs choux gras Ė toujours un petit plus-de-jouir à récupérer Ė dans les médias.

Pour notre part, nous rejoignons plutôt líorientation freudienne Ė que Pénélope níaurait pas reniée Ė et qui consiste à toujours tisser le Kulturarbeit, le travail de civilisation, fût-ce en le détricotant quand il le faut par la critique, au moment où nous devons penser à nouveaux frais líarticulation du singulier et du collectif.

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... Entre les deux rives, le poète explore le grand fleuve, toujours en voyage imaginaire. Il avance sur la barque ancestrale du jour et de la nuit, tel un vieil Anubis. Chargé díun poids si lourd depuis de très longues années où la nef, après tempête et vie ébranchée, file le courant toujours, vers le Styx universel inexorable. Claude Serreau est un passeur, fanal à la main... 

Marie-Laure Jeanne Herlédan
extrait de la préface

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Juin 2013

Un volume de 110 pages, accompagné d'un CD avec un extrait d'interview et 3 pièces brèves pour piano composées et interprétées par Norbert Lelubre fils

15 Ä

" Ici commence une histoire sans limites ", celle d'un homme, ô combien modeste, dont la vie, souvent difficile, a été consacrée à l'Art : car Norbert Lelubre est bien près d'avoir été un artiste complet, lui poète et musicien, de son premier métier photogra-phe, ami et compagnon des peintres [Ö]

Autodidacte, au plus noble sens du terme, c'est en gardant les yeux ouverts sur le monde, la ville et la nature, et avec sa sensibilité propre et une immense tendresse pour ses semblables et ses complices, les mots, qu'il a su mettre au service de l'art ses observations et les images qu'elles suscitèrent, visuelles ou sonores.

Norbert, c'était le sourire et la main tendue, le coup d'úil malicieux, une générosité et une profondeur qui se retrouvent dans ses textes dont l'association des Sources et des Livres a eu la judicieuse idée de rééditer certains afin que d'autres lecteurs puissent pénétrer dans cet uni-vers de lucidité et de beauté, lyrique et chaleureux, qu'il savait créer.

Extrait de la préface de Cl. Serreau





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Octobre 2012

 

 

90 pages 8 Ä

 

Cet inventaire n'est pas plus étymologique, que philologique. Il n'est pas non plus une triste rubrique nécrologique pour mots morts, non. Il est tout juste là afin de donner un petit surcroît de vitalité, une énergie nouvelle à de très chères productions langagières du temps passé, tombées, comme l'on dit, en désuétude, limogées, " relevées de leur fonction dans un énoncé " comme écrivait Monsieur de Saussure.

Alors, ami spécialiste des langues et du langage qu'il me plaît d'écouter tant vous êtes érudit de choses inutiles au monde moderne, mais néanmoins essentielles à notre humanité, ne vous en prenez pas à cette modeste tentative de sauvegarde.

Pas de philippiques à mon endroit s'il vous plaît, je ne fais que quérir dans le vieux Jules Trousset en cinq volumes du legs patrimonial, de pauvres abandonnés qui réjouissent encore l'oreille et qu'il me grée de recenser. Ils restent, sinon, dans l'ombre des pages encyclopédiques, proie facile de l'anthrenus museorum qui contribue grandement à leur disparition, tel un cadre supérieur dont on n'aurait plus besoin des compétences, dans un placard.

Faire un index des mots mis à l'index, voilà quelle a été la gageure.

Marie-Laure Jeanne Herlédan

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Parution le 22 octobre 2011

130 pages environ
14 Ä

6 conférences

données à la Maison de Nicodème
le 22 octobre 2011 :

Yves Loisel
XAVIER GRALL : "LA FOI EST AVENTURE "

Pierre Tanguy
XAVIER GRALL : L'ILLUMINATION DU MAGHREB

Marie-Laure Jeanne Herlédan
VILLON GRALL UN LEGS DE DÉTRESSE ET DE PIÉTÉ

Jean Lavoué
LAMENNAIS, STÈLE POUR UN FRÈRE PROPHÉTIQUE

Gilles Herlédan
TERRE PROMISE ET NOM PERDUÖ

Joseph Thomas
XAVIER GRALL, JEAN SULIVAN. FRÈRES D'ÂME, PROXIMITÉ ET DIFFÉRENCE


 

 

 

80 pages - 10 Ä

Quatre regards sur
L'impensable qui fait penser

Après deux années d'existence, et toujours dans l'esprit qui a présidé à sa création, l'association LES SOURCES ET LES LIVRES a choisi de proposer après des journées consacrées à la littérature, l'art et la poésie - la dernière rencontre était dédiée au poète Armand Robin -, une réflexion autour de la psychanalyse.

Le thème de cette journée L'impensable qui fait penser porte le titre d'un ouvrage d'hommage collectif à Jacques Lebrun où histoire, théologie et psychanalyse sont convoquées pour éclairer ce qui a pu être producteur de pensée dans le défi de l'impossible à penser.

Nous savons que l'humain ne peut être réduit au biologique et qu'il s'inscrit aussi dans un registre symbolique. Le fait même qu'il soit doué de langage lui donne la faculté de penser et de symboliser. Les philosophes mais aussi les linguistes et les anthropologues - notamment le courant structuraliste - ont mis en évidence toute l'importance de cette dimension. .

Que dit la psychanalyse, quant à elle, sur l'humain pensant confronté à son inconscient ? Des symptômes psychiques aux crises sociales que permet-elle de penser ? Que dit-elle sur notre civilisation ? Ces questions méritent d'être posées sans relâche n'en déplaise à certaines attaques souvent mal informées, voire parfois malveillantes. Du moins ont-elles le mérite des provocations qui est de susciter de la pensée et l'occasion de faire un point raisonné sur ce dont on parle.

Ce que sait la psychanalyse - car elle aussi produit un savoir - peut-il être de quelque utilité dans le traitement des souffrances individuelles ou dans l'éclairage des manières dont les hommes construisent et agissent leurs liens ?

Nous proposons dans cet ouvrage le recueil des interventions de Brigitte Folliot-Hélen, Marie-Dominique Burgaud, Alain Cochet et Gilles Herlédan,
qui montrent à travers expériences cliniques, éléments de théorie et réflexions sur les enjeux de la psychanalyse dans notre monde contemporain, la nécessité de ne pas cesser de tenter de penser l'impensable.

Marie-Laure Jeanne Herlédan


 

10 Ä

 

À l'occasion de la rencontre des 2 et 3 octobre 2010 à Timadeuc, nous livrons dans ce recueil de 70 pages une lecture croisée du Journal et des Lettres de Etty Hillesum.

Nul ne lit jamais une úuvre littéraire qu'à travers son prisme personnel. En ce sens, chaque lecture est subjective et le lecteur toujours un interprète. C'est d'autant plus vrai pour la lecture d'un journal, complexe et unifié à la fois, comme celui d'Etty Hillesum, monument de notations, d'impressions que chaque lecteur peut laisser résonner en lui. Qui n'a pu ouvrir Une vie bouleversée sans se dire : c'est comme si Etty écrivait pour moi ?
Marie-Laure Jeanne Herlédan nous avait déjà réjouis entre autres, par son travail de recherche sur les arbres et leurs racines dans l'úuvre de Jean Sulivan
L'invisible est dans le sensible en est le titre. Elle a aimé retrouver cette fois, accompagnée des mots de Rilke, la diversité des fleurs qui émaillent les pages du Journal et des Lettres jusqu'à la trame.
Joseph Thomas, en philosophe a repéré, au long du journal, le dialogue possible de ce texte avec la posture philosophique. Il aime croiser chez d'autres, la même impatience à dire le vrai non plus dans la seule arrogance déductrice, mais dans le creusement d'une approche à la fois rigoureuse et lente, par approximations. C'est ce qu'il pense reconnaître dans la démarche intellectuelle d'Etty, sa posture d'âme.
Gilles Herlédan, frotté de psychanalyse, sait discerner les habillages et les faux-semblants, les " lignes de crête " et autres " traversées des illusions ". C'est toujours avec bonheur qu'il guette dans le Journal, la requête d'un " dire ", qui demeure, envers et contre tout, ce par quoi le Sujet se confronte au Réel.
Chaque lecture a sa cohérence propre. Mais la complicité des regards différents peut vous rendre, lecteur, à même d'y ajouter la vôtre.
Etty n'a pas fini de nous accompagner à la trace du Nom.



 

 

 

5 Ä

En décembre 2009, Brieuc Allée, jeune paludier installé sur le marais du Mès à Assérac, avait présenté à la Maison des Sources et des Livres un montage photographique où il expliquait sa découverte du métier de paludier et faisait partager sa passion.

Ce document remanié et complété est devenu un DVD où nous pouvons découvrir au long des saisons tout le travail nécessaire à l'arrivée du sel.



 

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Voilà 30 ans que disparaissait celui qui était né Joseph Lemarchand en 1913 en BretagneÖ avant de naître une seconde fois, 45 ans plus tard, sous son « vrai nom » díécrivain, comme il le disait. Jean Sulivan. Il était aussi prêtre depuis 1938.

Que de temps passé ! De quoi se demander si sa parole vaut encore dans un monde dont, au vrai, il nía rien connu. En quoi nous rejoint-il ? Comment líentendons-nous aujourdíhui ?

Le colloque de Ploërmel dont nous donnons ici
Les Actes montre que le souffle de Sulivan Ė celui quíil nous donne díentendre dans toute son oeuvre Ė appelle à ce que Le plus petit abîme reste toujours ouvert à líEsprit.

Un volume de 200 pages reprenant les communications du colloque de Ploërmel des 24 et 25 avril 2010 :

Joseph Thomas, Ouverture p. 7 Pierre Tanguy , Le monde a changé.
Quelle actualité de Jean Sulivan ? p. 11
Patrick Gormally; Jean Sulivan : les années de formation ou la naissance d'une parole p. 23 Marie-Laure Herlédan, LecturesÖ p. 57
Jean Lavoué, L'Exode de Sulivan : une parole d'intériorité pour aujourd'hui p. 63 Yvon Thomas, Sulivan et la spiritualité,
regards croisés ? p. 89
Gilles Herlédan
L'esprit des mots p. 111
Michel Guyomarc'h
Libre propos de lecteurÖ p. 139
Joseph Thomas, Du " souterrain " et du
" souverain " p. 145
Jean Lemonnier Ü, Lumière de La Chambre noire p. 165
Daniel Gautier, Présentation de Benito Pérez Galdós, Una novela : Nazarín
Una película : Nazarín por Buñuel p. 175
Joseph Thomas, Sulivan trente ans après ! p. 185
Bibliographie p. 193  

En vente à l'association au prix de 14 Ä + frais de port

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Du même auteur

 

Jardin de miel, suivi de Contes de la Bouëxière
Sur l'immensité du sable, Éd. Caractères, prix de la ville de Saint-Brieuc, 1985, Association des Écrivains Bretons
Un ange à la fenêtre, Prix Charles Vildrac 1988, Éd. Subervie, Postface de Henri Queffélec, Société des Gens de Lettres
Au clair-obscur de l'aube, Préface de Charles Le Quintrec, dessins de Rozenn Bouillé, Médiagraphic 1991, prix de la Fédération des Bretons de Paris, 1992
Le soleil de cristal, 1993, préface d'Antony Lhéritier
Bouquet de vos années, Anthologie, 1999, Liv'Éditions
Une étoile entre les lignes, Poésie Poche, 2003, Préfaces de Charles Le Quintrec et de Gilles Baudry, Liv'Éditions
La terre, le feu, le PAIN, Anthologie, 2004, Liv'Éditions
Goéland gueule ouverte, 2006, Liv'Éditions
Où le loup ? contes, 2007,
L'émeraude des Côtes d'Armor, Trio Création, 2009 photographies de Dominique Le Doujet
Je vais aux noisettes, 2009, hommage à Anne Chavériat


Christine Guénanten a naturellement trouvé sa place dans Poètes de Bretagne, anthologie de Charles Le Quintrec, écoutons...
"Comme en se jouant, comme en se récitant la rose,Christine Génanten salue l'ange qui la vient visiter et nous le donne à voir.
Elle est toute envolée, toute surprise, heureuse plus encore des rendez-vous que les fées lui donnent...
La terre entière est soudainement conviée à la tendresse, à l'amour.

En vérité, Christien Guénanten tisse, file,gouverne un univers en perpétuel état de fraîcheur...

En un mot, elle exorcise tout ce qu'elle voit et tout ce qu'elle touche et le plus commun des papillons, sous sa plume, conduit à l'extase."

 

 

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Christine Guénanten

Publie son nouveau livre
édité par Des Sources et des Livres

Sel et Ciel des mots aux marais salants

Bretonne née à Vannes, Christine Guénanten, est inspirée par les paysages dans leur infinie couleur. Ses yeux se posent et recréent l'eau de la fontaine, l'herbe du champ, le ciel. Alors, elle délivre " un océan de mots, un accueil à la fête, un flambeau ".

De son émerveillement désespéré elle fait naître poème, une hirondelle est à son côté qui l'emporte sur son aile car il lui faut " louanger " perpétuellement : c'est l'embellie radieuse du quotidien banal.

Elle fait cantique même à la mort qui, ainsi accompagnée en terre, laisse naître un arc-en-ciel où " l'oiseau s'élance dans le tableau ouvert au vert des larmes ".


Le cúur de Christine Guénanten trouve son tempo en regardant le monde qu'elle voue à la grâce et dont elle écrit la gloire.

Poèmes et proses dans ce nouvel ouvrage en donnent un éclatant témoignage.


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pour mieux voir cette couverture et quelques pages de ce livre, cliquez sur ces liens :

couverture
page 8
page 9

L'INVISIBLE EST DANS LE SENSIBLE (*)

est le premier ouvrage édité par l'association Des Sources et des Livres.

Ce petit livre trouve son origine dans une rencontre : celle des bois réalisés par Maryvonne Jeannes et des phrases de Jean Sulivan consacrées au bois, aux arbres, aux écorces, aux branches, recueillies par Marie-Laure, J., Herlédan.

Il fallait un temps et un lieu pour donner à cette rencontre de quoi se matérialliser. Ce fut en juillet 2008, dans la Magnanerie des Amis de Marcel Légaut, à Mirmande, que lors d'une semaine d'étude consacrée à L'Exode de Jean Sulivan, la nécessité est apparue de donner suite à une petite exposition des Bois de Maryvonne Jeannes accompagnés de citations de Sulivan.

Espérons que ce premier travail donne un témoignage assez exact de l'esprit du projet éditorial de notre association.

 

(*) Telle quelle ou avec quelques variantes cette phrase se rencontre à de très nombreuses reprises dans l'úuvre de Jean Sulivan ó tellement caractéristique de sa façon de voir le monde.


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