Activités 2009 - 2010

 

Soirée théâtre du vendredi 10 décembre 2010

 

Plus de cinquante personnes étaient réunies Salle de la Fontaine à Assérac autour de deux comédiennes de la veine du "Théâtre de l'Opprimé". Elles avaint mis en scène des textes d'humour décliné sous toutes ses facettes, du décalé au burlesque, de Jean-Michel Ribes à Pierre Dac en passant par Raymond Devos et consorts.

Le public ne s'est pas privé d'applaudir cette prestation remarquable de justesse et de finesse.

À la fin du spectacle les discussions sont allées bon train avec les deux comédiennes que nous espérons bien voir revenir à Assérac avec de nouveaux textes et tout leur peps !

 

Soirée "Donnez-nous des nouvelles"

vendedi 3 décembre 2010 Bibiliothèque d'Assérac

Thème : les écrivains du froid

 

Le froid était bien là, en effet ! Malgré tout, le groupe s'est augmenté, puisque nous étions seize.

Cathie nous a lu
Le monstre de Frode Grytten, écrivain norvégien contemporain, auteur connu pour Ne réveillez pas l'ours qui dort. Une nouvelle au thème inattendu et impressionnant.

Yannick a choisi un extrait du
Lièvre de Vatanen de Arto Paasalina, écrivain finlandais, de 1975. Une aventure picaresque dans le grand Nord pleine d'humour.

Madeleine a présenté Tourgueniev
et le contexte du servage dans la Russie du XIXe. La nouvelle tirée de Mémoires d'un chasseur n'était pas loin d'être autobiographique pour une part du récit.

Une discussion a suivi chaque lecture
, riche et partagée. Pâtes de fruits maison et vin chaud pendant une lecture surprise de Cathie : Le père Noël encorné d'un auteur cette fois venu d'Italie : Andrea Camillieri.

Nous continuerons sur notre lancée du grand froid hivernal et de nouveaux lecteurs se sont proposés pour chercher des nouvelles et nous les offrir le 28 janvier, toujours à 20 h 30 à la Bibliothèque d'Assérac que nous remercions de nous accueillir.

La porte est ouverte à tout nouveau venu !

 

"goûter-livre" du 17 novembre 2010

Après-midi au coin du feu pour cette sixième rencontre autour de :

Mythologies
de Roland Barthes
Mémoires du
XXe siècle de Joseph Mahé
Le premier mot
de Vassilis Alexakis
Le coeur régulier
de Olivier Adam
Pierre de patience
de Syngué Sabour
Va où ton coeur te porte
de Susanna Tamaro
Le jardinier de Versailles
de Alain Baraton

Trois nouveaux participants au goûter cake gâteau aux pommes, un grand panier de Chayeux, de Canada et autres délicieuses variétés à partager, une chanson bretonne a capella au débotté pour nous enjouer, des informations sur diverses activités alentour... et quelques vieux mots de Jules Trousset.

Aprés-midi ex commodo !

Prochain rendez-vous le 12 janvier


Décrochez-moi-çà : Chapeau d'occasion pour femme

Défâcher (se) : s'apaiser après s'être mis en colère.

Déparpaillé : débraillé

Diaprure : variété de couleurs

Diem perdidi : loc. lat qui signifie : j'ai perdu ma journée. Ce sont les paroles de Titus, lorsque dans sa journée, il n'avait pas trouvé l'occasion de faire une bonne action.

Disputaillerie : Dispute longue et vaine.

Doucettement : s'emploie populairement dans le même sens que doucement.

Drupe : masculin ou féminin, fruit charnu et succulent qui renferme un seul noyau, comme la prune, la cerise, la pêche.

Duire : convenir, plaire, être à la convenance. Cela ne me duit pas.

Écarbouiller : écraser

Échauboulure : petite élevure rouge qui vient sur la peau et qui cause un picotement plus ou moins vif : il a le corps plein d'échauboulures.

Écornifler : chercher à manger aux dépends d'autrui, à prendre part à un repas auquel onn'est pas invité.

Égnaffer : surprendre, émerveiller.

Ergo-glu : expression familière dont on se sert pour se moquer des grands raisonnements qui ne concluent rien.

Ex commodo : selon son loisir, à son aise, sans se presser, quand on a le temps.

Soirée "Donnez-nous des nouvelles"

22 octobre 2010 Bibiliothèque d'Assérac

Un bon petit cercle autour de cinq lecteurs dans l'intimité de la bibliothèque...
Les uns d'Assérac, les autres de Quimiac, Pénestin, Saint-Molf...
Une lumière douce...
Un échange pour préparer les lectures du 3 décembre...
Des nouveaux lecteurs...
Un peu de musique et petit vin chaud pour terminer..


Cinq nouvelles pour cette troisième soirée à la bibliothèque. Après le thème de l'enfant, celui des animaux, c'était autour du jardin que nous nous réunissions.


Tour à tour nous avons écouté des textes de Jean Giono, Alain Girard-Daudon et une plus large place a été faite à Katherine Mansfield. Trois auteurs, trois époques différentes : fin 19ème début 20ème puis mi-temps du 20ème et contemporain. Trois auteurs et trois styles différents pourtant traversés chacun par un rapport étroit de l'homme à la nature.

JEAN GIONO
Dans sa préface aux éditions de La Pleïade, Jean Ricatte tient Jean Giono pour l'un des plus grands narrateurs que la littérature ait produit. Il est vrai que chaque récit de Giono est une parabole dans une écriture inégalée. L'envers et l'endroit des mots n'ont pas de secret pour lui, il les utilise dans leur pleine puissance. Il écrivait : " Ma sensibilité dépouille la réalité quotidienne de tous ses masques". Vie et mort s'entremêlent dans son œuvre qui est une ode à l'humanité
Un film de Pagnol a été tiré de cette nouvelle où le jardin a statut de verger. Il y pousse des pêchers qui sont voués à la destruction pour laisser place à une terre à blé : métaphore d'une génération succédant à une autre.

ALAIN GIRARD-DAUDON
L'auteur, d'abord enseignant dirige la librairie " Vent d'Ouest " à Nantes, il est aussi une cheville ouvrière de la Maison de la poésie. Il nous donne ici une petite nouvelle sur la réminiscence et la recherche du temps perdu où ilembrasse dans un même élan le topos du jardin physique et du jardin intérieur. La chute est comme une vanité au sein d'une toile : elle dit le tempus fugit.

KATHERINE MANSFIELD
Pseudonyme de Catherine Bauchamp, fille de banquier de Nouvelle-Zélande où elle naquit. Petite fille, écrivait déjà dans une revue de son école. Université à Londres puis retour à Wellington avant de revenir y vivre sa vie. En 1911 publie son premier recueil de contes. Ne cessera d'écrire malgré sa santé délicate. La tuberculose la terrassera à Fontainebleau. Auteur aussi de poèmes, d'un journal et de nombreuses lettres, c'est une grande admiratrice de Tchékhov à qui son art doit beaucoup. Pour elle un incident infime devient l'occasion d'une exploration révélatrice de l'inconscient. Elle est du siècle de Freud, il n'est donc pas étonnant que l'on dise d'elle qu'elle est une clinicienne de l'âme.
On a pu entendre une nouvelle très brève, radicale, qui va à l'essentiel, sorte de conte à l'adresse des humains dans la tradition des bestiaires. Puis deux nouvelles plus longues écrites environ six mois avant sa mort à 34 ans, après un de nombreuses années de tuberculose. L'une rapporte une conversation entre une nièce et sa tante au moment d'un départ dansd une allée fleurie, l'autre sur un couple qui pourrait faire écho à celui de K. Mansfield et de son mari. Elles sont extraites de son journal réédité trois fois, en 1932, 1950 et 1973. Comme toujours chez Mansfield, le détail renvoie au plus profond des relations humaines et à la psychologie des personnages. Elle est considérée comme un des maîtres de la nouvelle.

1 Tante Fan de KATHERINE MANSFIELD par Danielle
2 Jofroi de la Maussan de JEAN GIONO par Gilles
3 L'aventure grisante KATHERINE MANSFIELD par Cathie
4 Jardin de ALAIN GIRARD-DAUDON par Jacky
5 Les Sheridan KATHERINE MANSFIELD par Marie-Madeleine

"goûter-livre" du 15 septembre 2010

Après-midi automnal pour cette cinquième rencontre autour de :

Celle qui détricotait le vie
de Françoise Baqué
Marthe et Mathilde
de Pascale Hugues
Le bonheur du jour
de Jacques Brosse
Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates
de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows (présenté par deux participantes)
Échos d'un pays disparu
- Récits de la vie ordinaire en pays de Retz entre 1900 et 1960 - de Michel Alexandre Gautier
Au nom de la mère
de Erri de Luca
Le dieu manchot
de José Saramago

Comme d'habitude la petite rubrique "à nos chers mots disparus", que l'on peut consulter intégralement sur le site, cette fois consacrée à la lettre C, a fait venir des commentaires joyeux.
Voir quelques exemples ci-contre.


Prochain rendez-vous le 17 novembre

 

Cadeau : latin, catellus petite chaîne à cause du lien que le cadeau établit entre celui qui le donne et celui qui le reçoit. Repas, fête que l'on donne principalement à des femmes.

Cailleter : babiller, bavarder (caillette est le nom donné à une femme frivole et babillarde)

Caillot-rosat : poire ainsi nommée parce qu'elle est caillouteuse et qu'elle a un goût de rose.

Canulant : ennuyeux, fatiguant : en voilà un qui peut se flatter d'être canulant, quel canulant que cet homme là.

Chafrioler (se) : se montrer tout réjoui, exprimer sa gourmandise.

Chattemite : personne qui affecte une contenance douce, humble et flatteuse pour tromper quelqu'un.

Chiliade : Millier, grande quantité.

Cocarder (se) : se griser.

Colombin : qui est d'une couleur mélangée entre le rouge et le violet, on dit aussi gorge de pigeon : taffetas colombin, soie colombine.

Commensal : du latin cum, avec et mensa, table. Celui qui mange à la même table..

Commodat : prêt gratuit d'une chose qu'il faut rendre en nature après un certain temps

Compartir : partager (vieux).

Compos sui : locution latine, maître de soi.

Dimanche 1er août 2010

Salon du livre
de Kercabelec

Des Sources et des Livres était invitée à participer à ce deuxième salon – organisé par la mairie de Mesquer – qui, comme l'an dernier, a accueilli sous son grand chapiteau de nombreux exposants et visiteurs.

Au côté de Christine Guénanten – qui rendait hommage à Hélène Cadou – nous avons présenté au public les trois livres édités par l'association depuis sa création :

L'invisible est dans le sensible

Sel et ciel des mots aux marais-salants

Actes du colloque Sulivan de Ploërmel

et aussi le DVD :

Brieuc Paludier.

 

vendredi 18 juin 2010

à la bibliothèque d'Assérac

Soirée lecture de nouvelles

Cette deuxième soirée de lecture de nouvelles avait pour thème les animaux...

Le thème choisi ce soir n'est pas un sujet neuf. L'esclave Esope, six siècles avant Jésus-Christ et Jean de la Fontaine dans la deuxième moitié du XVII ème siècle ont utilisé l'animal pour s'autoriser certains propos par le biais de fables. (Fabula : récit ou propos). En 1107, Philippe de Than écrivait le Bestiaire. En 1802, Casti rédigeait un poème héroï-comique en forme d'apologie épique intitulé Les Animaux parlants. Plus tard encore, Gorges Orwell dans sa Ferme des animaux, allait se servir d'une basse-cour pour transposer métaphoriquement le stalinisme. Dans un genre très différent, Walt Disney a lui aussi utilisé sur le mode onirique, moraliste voire idéologique la gent animale. Depuis la nuit des temps le genre humain entretient un lien étroit avec l'animal qu'il soit domestique, auxiliaire, alimentaire. On ne pourrait imaginer Sancho Panza et son maître sans Rossinante compagnonnant avec l'âne. Ainsi, de façon allégorique, philosophique ou symbolique tout un bestiaire a été utilisé à des fins que l'on pourrait dire didactiques.

Sur la musique de Schubert, Schumann, Haendel, Lorenzetti et Bach avecDanielle au violoncelle, les nouvelles de ce soir font vivre tour à tour une taupe, une chienne, un chien, des poissons, une vache et un âne.

 

 

Primo Lévi : Nez contre nez in Dernier Noël de Guerre, 10/18
À sa mort en 1987, il laisse une douzaine de nouvelles inédites dont certaines d'inspiration autobiographique. Les autres sont des sortes de contes moraux déguisés mettant en scène des animaux. Ces textes dévoilent une facette de Primo Lévi, dont les capacités d'écriture étaient multiples. Ils confirment qu'il n'était pas seulement le témoin capital de la vie déshumanisante des Lager, le peintre de l'âme humaine, le scientifique à la fois précis et distancié à l'humour subtil de mais aussi un créateur à la plume fine et pleine de retenue doublé d'un humour pince sans rire pour masquer le tréfonds douloureux de l'homme poète. Son oeuvre majeur est Si c'est un homme.
Dans la postface de cette série de nouvelles Marco Belpoliti parle du style de Primo Lévi en ces termes : " L'absence apparente de prosopopée, la basse tension narrative apparente, la capacité de condenser un grand nombre d'informations sur peu d'espace, sont des qualités rares… ". Plus loin il ajoute : " La partie animale, l'animal-homme, sur laquelle il insiste dans Si c'est un homme, est le renversement de la partie humaine, de même que le Lager est l'envers de la société civilisée. C'est pourquoi le monde humain apparaît dans les paroles d'animaux comme son contraire, dans le bien comme dans le mal. Ce n'est pas un paradoxe, mais un exemple de l'intelligence lucide et implacable de ce magnifique écrivain moral ".
Nez contre nez s'inscrit dans la série des " dialogues naturels " où l'animal est dans la nature comme lieu de la lutte et de la survie.

Jean-Jacques Zimmerlin : Snoopy et Doudou. Inédit
Psychologue, il est aussi peintre et écrivain. Auteur depuis plusieurs années de nombreuses nouvelles. Il vit et exerce à Laval. Il n'a jamais publié.
Cette nouvelle tragi-comique met en scène les relations complexes maître-animal familier, un peu comme le ferait Raymond Devos dans ses sketches où le pathétique côtoie le joyeux et l'humour la gravité.

Guy de Maupassant : Mademoiselle Cocotte, in Œuvres complètes, La Pléiade.
Écrivain météore. Vie flamboyante avec une fin pathétique causée par la syphilis. Ce conte reprend une anecdote déjà traitée par Maupassant avec une histoire de chien mais de façon différente. Il y intègre le thème de l'aliénation à laquelle il porte un grand intérêt avant même qu'il ne soit peu à peu ravagé par la folie. On notera aussi l'importance du titre qui porte à confusion de façon délibérée. Le mimétisme est intentionnel entre les femmes dites de petite vertu et l'animal ici chéri par son maître.

 

 

 

Katherine Mansfield : The fly, Twelve very short stories, Didier. Traduction Marie-Laure Herlédan
Née en 1890. Pseudonyme de Catherine Bauchamp, fille de banquier de Nouvelle-Zélande où elle naquit. Petite fille, écrivait déjà dans une revue de son école. Université à Londres puis retour à Wellington avant de revenir y vivre sa vie. En 1911 publie son premier recueil de contes. Ne cessera d'écrire malgré sa santé délicate. La tuberculose la terrasser à Fontainebleau. Auteur aussi de poèmes, d'un journal et de nombreuses lettres, c'est une grande admiratrice de Tchékhov à qui son art doit beaucoup. Pour elle un incident infime devient l'occasion d'une exploration révélatrice de l'inconscient. Elle est du siècle de Freud, il n'est donc pas étonnant que l'on dise d'elle qu'elle est une clinicienne de l'âme. La mouche a été écrit en 1922.
Dans " L'art de Katherine Mansfield ". Extrait de Histoire de la littérature anglaise de L. Cazamian, il écrit :
" Elle a découvert, après tant d'autres, le royaume de l'inexprimé… La méthode, très consciente, est toute d'instinct. Choisissant les moments où, sous la lumière quotidienne s'éclairent par transparence les caractères, elle les fait vivre, agir, parler selon une nécessité persuasive, et laisse se dégager de leur mémoire ou de leur subconscient leur passé comme leur avenir. Ils ne nous sont expliqués que du dehors ; ils s'expliquent eux-mêmes, le jeu de leurs réactions naturelles créant en nous, par la grâce d'un art souverain et simple, une divination mobile de leur âme ". Telle est l'univers de la nouvelle de ce soir

Jean Sulivan : Asinus asinum fricat in Bonheur des rebelles, Gallimard
Devenu écrivain à 54 ans après avoir laissé son ministère, ce prêtre à la plume tranchante n'a cessé, jusqu'à sa mort en 1980, d'écrire romans et essais. Loin des consécrations mondaines et des cohortes militantes Jean Sulivan n'était pas de la catégorie des suiveurs et répétiteurs. Récoltant en tous sens dans les livres et dans la vie des gens, il a produit lui-même une manne littéraire dont le lecteur ne sort pas indemne. Livre après livre apparaissent une lucidité radicale du monde qui l'entoure, une vigilance sans concession, une parole acérée qui abat les certitudes, l'insolence d'un rebelle à tout ce qui empêche " la vérité intérieure ".
La nouvelle de ce soir est extraite de Bonheur des rebelles édité comme l'ensemble de son oeuvre chez Gallimard. Le titre latin est proverbial, il dit d'un humour acidulé la nature humaine lors d'un événement banal du quotidien. A méditer…

Yves Maurice : Alors, ça mord ? Inédit
Instituteur, écrivain, poète, photographe et illustrateur. Il vit à Guérande et s'intéresse particulièrement aux vieux métiers qu'il fixe sur la pellicule. On peut trouver nombres de ses tirages sur cartes postales. Il est l'auteur de livres pour enfants et de nombreux récits et poèmes. Il était l'ami depuis une dizaine d'année du sculpteur Jean Fréour qui était le dernier des Seiz Breur et qui est mort la semaine passée.
Le court récit qui va être lu ce soir n'a pas été classé comme nouvelle, mais il pourrait aussi appartenir à ce genre.

Daniel Boulanger : Le premier jour in Les noces du merle, Folio
Il est né en 1922. Arrêté en 1940 pour acte de sabotage. Dans les années 1950 les écrivains et cinéastes de la nouvelle vague trouvent chez lui et sa femme un lieu de rencontre. Poète et romancier, il a écrit une centaine de films et a largement contribué au renouveau de la nouvelle. Il tourne même dans certains film (La mariée était en noir…) Il se penche sur les gens auxquels ont ne prête guère attention et leur trouve d'infinies richesses. C'est une oeuvre d'embellissement où le médiocre disparaît, il fait gloire aux humbles et aux méprisés et fait entendre la musique des gens qui ne font pas de bruit. Les deux académies l'on récompensé pour cet art et il siège de puis 1983 parmi les dix de la Goncourt.
La nouvelle de ce soir pourrait être considérée de style réaliste pouvant se rapprocher de l'écriture de Guy de Maupassant, mais la sensualité qui s'en dégage, comme dans bon nombre de ces textes, est plutôt dans la veine d'un Giono pastoral avec la place accordée à la mère nature et nourricière, les bêtes et les événements forts de la vie dans le monde paysan.

 

Et pour finir un petit jeu littéraire... Qui a écrit ces lignes ?

" Tous criaient ou riaient. La provision de vie qu'ils avaient faite pendant ces mois où chacun avait mis son âme en veilleuse, ils la dépensaient ce jour-là qui était comme le jour de leur survie. Le lendemain, commencerait la vie elle-même, avec ses précautions. Pour le moment, des gens d'origines très différentes se coudoyaient et fraternisaient. L'égalité que la présence de la mort n'avait pas réalisée en fait, la joie de la délivrance l'établissait, au moins pour quelques heures. "

Débats vifs... des pistes, des fausses pistes... mais à choisir enfin entre De Gaulle, Camus et Duras, c'est Albert Camus qui fut bien reconnu.

 

Marie-Laure Jeanne Herlédan

16 juin 2010

Maison des Sources et des Livres
dans le cadre des "Gouters-livres" du mercredi

Nous avions décidé ensemble de consacrer le dernier
goûter-livres de la saison à une lecture croisée de
Une vie bouleversée de Etty Hillesum.

Voici quelques notes et citations retenues, espérant qu'elles soient le reflet de nos échanges...

Etty Hillesum, une parole à partager

Son écriture est simple et sensible, humble et vraie, son langage moderne.

C'est une quête pour trouver qui elle est et cela passe par un autre… par l'amour de l'autre.
Une rencontre de Dieu quelque que soit le nom. C'est une trajectoire de sagesse. Ce qu'elle dit ne s'oublie pas de l'intérieur. Il y a une musique fondamentale qui permet de se nourrir de ce qu'elle écrit, comme une manducation. On peut s'identifier, même si on sait que c'est un destin d'exception…

À la lecture, la proximité de cette femme interroge. Ce qui reste de la substance de quelqu'un quand il n'est plus fait mystère, comme si la mort n'en était pas vraiment une, tellement la présence est vive, vivante. On mange sa parole, le verbe est partagé et ainsi cela bouleverse la mort. Cette Vie bouleversée abat la mort.

Ce qu'il y a d'étonnant c'est que " ça lui est tombé dessus ". Il s'est passé quelque chose d'improbable. Elle aurait pu se réfugier dans le malheur mais elle ne cède pas, elle ne se soustrait pas à son destin. Sartre dit qu'on n'est jamais aussi libre que dans l'oppression… Ce dont elle aurait eu envie ou besoin se transforme. Elle appelle ça Dieu. C'est un sujet moderne et attachant. Elle donne à penser que notre humanité est belle malgré tout, elle convie à l'espoir. Plus elle sait le danger, moins elle est dupe de ce qui se passe, plus elle progresse. Elle est clairvoyante.

Chez Etty Hillesum le sentiment de bonheur s'accroît et il y a une contagion de ce bonheur comme si toute action d'amour faisait de l'effet dans le monde. Elle dit ses sources, elle puise dans Rilke par exemple, mais ce n'est pas qu'une expérience intellectuelle. C'est une position personnelle, un acte personnel. " Se contraindre à… persister à… jusqu'à sentir le ciel s'éclaircir ". Laisser venir à soi, prendre le temps mais pas seulement le bien être facile. S'obliger. On se doit à soi même le bien dire. On oublie qu'on est le sujet de ce qui se passe. Cela fait penser à une prescription ancienne de philosophe. N'attend pas des objets qu'ils remplissent le vide. Prêter attention à sa vie psychique.

Son écriture est-elle seulement témoignage ? C'est dans le cadre de sa thérapie qu'elle se met à écrire : " vaincre ma réticence… mettre par écrit… ". L'écriture se crée en écrivant, cela n'est pas communication mais trace. Lorsqu'on pense aux Écritures, les écritures d'Etty auraient leur place dans une bible de notre temps, quand on sait l'importance de la lettre et de l'écrit pour les Juifs. C'est une sainte laïque.

Ce sont des écrits qui permettent à toutes sortes d'humains de se clarifier. Pour elle ce qui est, est. Pas de temps à perdre pour contester ce qui est. Quand elle dit : " Nous devrons rendre des comptes ", il faut l'entendre par rapport à une manière de se tromper en mésusant de la parole.
Son seul endroit de résistance est comme la maîtrise de sa pensée par l'écriture, là, seule, elle est intouchable, son approche du temps la fait réchapper à la déshumanisation extérieure.

C'est un sujet souverain. Elle tient les rênes d'elle-même, elle acquiert la capacité d'être le gardien de sa pensée, elle résiste au-delà d'un non ou d'un oui, elle sauve son âme en quelque sorte, elle la préserve.


Elle a écrit

Mon acceptation n'est ni résignation ni abdication de la volonté. Il y a toujours place pour la plus élémentaire indignation morale devant un régime qui traite ainsi des êtres humains.

Les instruments de la souffrance importent peu, ce qui compte c'est la façon de porter, de supporter, d'assumer une souffrance consubstantielle à la vie et de conserver intact à travers les épreuves un petit morceau de son âme.

Mes combats se déroulent sur un théâtre intérieur et contre mes démons personnels.

Ah oui, voilà ce que je voulais dire : voilà le commencement, le tout premier commencement : se prendre au sérieux et être convaincu et croire que cela a un sens de trouver sa propre forme. Il s'agit d'ailleurs d'un travail que l'on peut accomplir sur ses semblables : les ramener toujours vers eux-mêmes et les retenir dans leur fuite vis à vis d'eux-mêmes et les prendre par la main pour les raccompagner jusqu'à leurs propres sources.

Il faut devenir aussi simple et aussi muet que le blé qui pousse ou la pluie qui tombe. Il faut se contenter d'être.

Notre unique obligation morale, c'est de défricher en nous-même de vastes clairières de paix et de les étendre de proche en proche, jusqu'à ce que cette paix irradie vers les autres.

Les pires souffrances de l'homme sont celles qu'il redoute.

Cela semble un paradoxe, en excluant la mort de sa vie on se prive d'une vie complète et en l'y accueillant on élargit et on enrichit sa vie.

Je ne crois plus que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur que nous n'ayons d'abord corrigé en nous.

Il ne faut jamais vouloir aller jusqu'au bout, il faut toujours garder quelque chose pour nourrir l'imagination.

Et puisque, désormais libre, je ne veux plus rien posséder, désormais tout m'appartient et ma richesse intérieure est immense.

L'amour de tous les hommes vaut mieux que l'amour d'un seul homme. Car l'amour d'un seul homme n'est jamais que l'amour de soi-même.

Un peu d'hygiène mentale que diable ! Ton imagination, tes émotions intérieures, sont le grand océan sur lequel tu dois conquérir de petits lambeaux de terre, toujours menacés de submersion…

Ne surestime pas ces orgies de vie intérieure, ne va pas te croire pour autant, au nombre des " élus " et supérieure aux gens " ordinaires " dont la vie intérieure, après tout est parfaitement inconnue.

Une fois que l'amour de l'humanité a commencée à s'épanouir en vous, il croît à l'infini.

Pourquoi n'inventerait-on pas chaque jour quelques bonnes paroles, quelques caresses, pour les choses simples qui nous entourent et pour l'air que nos respirons ?

On est réduit à ses propres forces intérieures.

Il faut être toujours plus économe de paroles insignifiantes pour trouver les quelques mots dont on a besoin.

" Aguerrie " doit être soigneusement distingué de " endurcie ".

C'est ainsi que vivent les hommes. Ils se servent de l'autre pour se laisser persuader d'une chose à laquelle, au fond de leur cœur, ils ne croient pas. On cherche dans l'autre un instrument pour couvrir le son de sa voix intérieure.

Et l'on doit porter en soi sa " façon de vivre les choses ", la placer en soi au centre d'un espace de silence et là, l'écouter. Être au dedans de soi. Être seule. Silence.

Il ne faut pas vouloir les choses il faut les laisser s'accomplir en soi.

Porter des fruits et des fleurs sur chaque arpent où l'on a été planté, ne serait-ce pas notre finalité ? Et ne devons-nous pas aider à sa réalisation ?


MLJH

samedi 12 juin 2010

Présentation de Parole en genèse

Yvonne Leray et Loïc Collet étaient à la Maison Des Sources et des Livres pour présenter leur ouvrage Parole en genèse, sur les représentations de Dieu.


Plus qu'une présentation, c'est comme un petit morceau de chemin parcouru ensemble qu'ils ont tracé avec un auditoire conquis par la qualité de leur présence et l'allant, la vigueur de leur invitation à réfléchir.

Réfléchir, certes ! mais pas dans les nuées... Non, dans les mots concrets, ceux puisés dans l'expérience de chacun. Oser écrire, il faut oser écrire !
"Que dis-tu, quelle est ta parole ?" Comment reprends-tu à ton compte ce que tu as reçu des traditions, comment te fais-tu à ton tour inventeur de Dieu dans tes mots... Car les mots pour parler de – et parler à – Dieu ont changé et sont toujours provisoires pour être vivants.

Ami lecteur – disent-ils – la page est blanche. Il y a des mots qui dorment au fond de la caverne. Fais-les venir au jour ! Tu es toi aussi une image unique de Dieu".

Voilà un témoignage à partir de neuf mots concrets donnés par les membres du groupe...

silence, source, tabernacle, rose, compagnon, père, cercle, catéchisme, aventure

Il avait quitté la maison et était parti à l'aventure.
Il voulait quitter le cercle des conseils et des commandements.
Finie la leçon de catéchisme et la dévotion à l'eau de rose.
Il trouverait de nouveaux compagnons.
Il boirait à la source de l'inouï et de l'inattendu.
C'est après avoir longtemps marché, qu'un jour,
il resta une heure en silence et un mot surgit en lui :
Père !

Compagnon de silence
Tu es ma source
Tu es mon père.
Dans le cercle de mes amis
Tu deviens l'objet de ma recherche
Mon compagnon d'aventure
À qui j'offre une rose.
Je me tiens devant mes amis
Comme devant un tabernacle.
Qu'ai-je appris au catéchisme


Avec mon compagnon d'aventure, j'entre dans l'église.
Près du tabernacle, une rose dans le silence, répand son parfum.
Assis en cercle, les enfants du catéchisme prient notre Père.
Une rose posée devant le tabernacle,
Le silence près d'une source,
Un compagnon d'aventure,
Un cercle dessiné par mon père
Tout cela est loin du catéchisme de mon enfance.
Contemplant la rose, le silence se fit
En lui
L'aventure prit corps à nouveau.
Au milieu du cercle, l'eau vive de
La source jaillit. Compagnon as-tu soif ?
Dis donc, ce père, je déteste qu'on l'encadre dans un catéchisme, j'aime d'avantage m'attendre à une aventure et le prendre pour compagnon.
Du silence il en faut pour capter le murmure de la source qu'il propose.
Je ne vais pas placer le tabernacle car il me semble que ça l'enfermerait. Pas plus que le cercle qui me semble lui fermer l'avenir.
Que de signes de lui autour de nous, la rose en est un, signe de sa splendeur.
Les compagnons d'aventure sont assis,
En cercle,
Saisis dans un profond silence
Comme devant un tabernacle.
Tous s'abreuvent à une même source
Qui semble jaillir du milieu d'eux.
Pas besoin de catéchisme,
Pour qu'ils se sentent frères,
Fils d'un même Père.
Une paix douce et palpable
Comme un pétale de rose
Rayonne autour d'eux.
Un Père
Mon Père
Source de ma vie
De ma vie
Compagnon de l'enfance
Tabernacle fleuri des mois de mai
Catéchisme appris et partagé
Aujourd'hui
Cercle d'amis en recherche
Beauté des fleurs, des roses, de toute la création.
Pur silence des origines
Aventure humaine.
En cherchant la source qui mène au père dans le silence de ce cercle, je pars à l'aventure avec mes compagnons, comme lorsqu'enfant j'assistais au catéchisme dans ce jardin plein de roses, l'année de mes sept ans à Nantes. Et je me souviens que je voulais voir ce qu'il y avait dans le mystère de ce tabernacle que le prêtre ouvrait mais en me le cachant car il se mettait devant et donc même en tordant la tête dans tous les sens, je ne voyais rien.

Devant le tabernacle, dans la petite église, dans un cercle de lumière, je songeais en silence aux vieux mots du catéchisme. Avais-je trouvé là quelque source pour l'aventure spirituelle, ou bien seulement le sentiment vague et un peu inquiétant de la présence d'un père assez sourcilleux bien loin d'être un compagnon de confiance pour aller dans la vie.
Heureusement, une rose était là pour me dire qu'elle était sans pourquoi. Et c'était tout de suite beaucoup mieux.
La petite rose restait en silence.
Elle avait bien essayé de parler avec le gros livre de catéchisme mais il restait de marbre.
Le parfait silence.
Ah ! quelle aventure ! On lui avait coupé la tige le matin même pour la mettre sur l'autel devant le tabernacle.
Mais son monde à elle ce n'était pas celui là…
C'était celui de monsieur Angélus qui venait la voir tous les jours depuis qu'elle était née, en silence. Un vrai père cet homme là, un compagnon jardinier poète qui parlait au ciel parfois près de la source qui chantait.
Ce n'était pas comme ce grand cercle à coté d'elle maintenant et qui brillait de mille feux : ça lui faisait peur plutôt.
Monsieur Angélus, venez me chercher !

La "plumée"
atelier d'écriture du 4 juin 2010

 

9 personnes s'étaient inscrites à l'atelier d'écriture ce 4 juin.

Les appréhensions ont vite disparu au profit du goût et du plaisir d'écrire ses mots à soi, ses récits uniques.
Saisissant d'entendre les musiques de chacun

Il est toujours possible de rejoindre le prochain atelier prévu le :

24 septembre à 20 h à la bibliothèque d'Assérac

 

La "plumée"
atelier d'écriture du 30 avril 2010

Animée par Marie-Françoise Olivier, la première séance de l'atelier d'écriture a eu lieu à la bibliothèque municipale d'Assérac.

Le plaisir était au rendez-vous :

"Une belle aventure à poursuivre... sans modération"
"La variété des écritures m'épate..."
"C'est passionnant d'écouter ce que les autres ont écrit..."
"Je suis étonnée de ce qui me vient et pourquoi ça plutôt qu'autre chose, alors que ça me paraissait insignifiant !"
"Je suis émerveillée de l'originalité de chacun."
"Après le blocage du début, plaisir de laisser venir les mots pour moi"

 

"goûter-livre" du 28 avril 2010

Bel après-midi ensoleillé pour cette troisième rencontre autour de :

Pourquoi le ciel est bleu de
Christian Signol en CD MP3
Éloge du rien de
Christian Bobin
Le quai de Ouistreham de
Florence Aubenas
Tuer un enfant de
Stig Dagerman
Passagère du silence de
Fabienne Verdier
C'était hier et c'est demain de
Hélène Cadou
La voix nomade de
Anne Perrier
Ô vous frères humains de
Albert Cohen
Vivre avec autrui... ou le tuer de
Charlotte Herfray
Les chaussures italiennes d'
Henning Mankell
Les mots perdus du Kalahari de
Alexander McCall Smith.

Le tout entrecoupé de la petite rubrique "à nos chers mots disparus"... voir ci-contre

Forts de nous revoir le 16 juin, nous nous sommes quittés après le café pris au jardin

 

Abaisse : Pâte qui a été abaissée pour la rendre moins épaisse. L'abaisse forme une croûte de dessous de plusieurs pâtisseries telles que vol-au-vent, tourte.

Abluer : lat. abluere : laver. Nettoyer, faire revivre, au moyen d'agent chimique les écritures effacées.

Abouquer : terme de salinage. Ajouter du sel nouveau sur un monceau de vieux sel.

Accointer : lat. cognitus. Faire connaissance, entrer en relation avec quelqu'un.

Amplexatile : lat. amplector : j'embrasse. Se dit de la radicule qui embrasse le cotylédon.

Amoroso : terme qui indique qu'un morceau de musique doit être rendu avec une douce langueur et une certaine lenteur.

Appétits : Nom donné à certaines herbes (cive, ciboule, ciboulette, cerfeuil, persil, ail) qui excitent l'appétit.

A remotis : loc. lat. : à l'écart.

Assommoir : sorte de piège que l'on tend surtout aux bêtes puantes (renard, blaireau) et qui est disposé de manière à les assommer. Marchand de vin. (cf. Zola)

Aulète : joueur de flûte (antiquité grecque : Ptolémée II surnommél'aulète)

Aurore : Fille de titan et de la terre. De ses doigts de roses elle ouvrait les portes de l'orient, précédait le soleil, vêtue d'une robe couleur de safran, elle répandait sur la terre une pluie de fleurs. De son union avec Astrée elle eût deux fils qui moururent et la rosée qui se répand chaque matin n'est autre que l'ean des larmes d'Aurore.

Azerolle : petite cerise servant aux gelées et aux eaux-de-vies.

 

"Donnez-nous des nouvelles !"

le 26 mars 2010 à la bibliothèque d'Assérac

Un vendredi-lecture consacré à la nouvelle et pour cette première fois, placée sous le signe de l'enfance. La soirée s'est terminée autour d'un vin chaud par un "DLA" (diagnostic littéraire à l'aveugle dans l'esprit de l'OULIPO) avec des participants très pertinents

 

LUCIUZZA DE MARIA MESSINA
Née à Palerme à la fin du 19e et morte en 1943.
A une œuvre profuse, a été reconnue en son temps, mais dont une grande partie a été détruite dans le bombardement de Pistoia. Deuxième mort pour cette jeune femme atteinte très tôt d'une sclérose en plaques.
Un univers sombre où le quotidien est raconté avec acuité, la condition de la femme sicilienne, celle des humbles, des faibles.
Fille d'un couple déchiré, elle s'évade très tôt dans l'écriture, poussée par son frère qui lui aura le droit de quitter la maison familiale. Elle connaitra un succès croissant et échangera de nombreuses lettres avec le grand écrivain sicilien Giovani Verga (Cavalleria Rusticana, Luchino Visconti a tourné le film La Terre tremble , inspiré du roman I Malavoglia (Les Malavoglia) qui l'encouragera grandement dans l'écriture - il avait lui-même découvert Flaubert et le naturalisme et rencontré Zola.
Luciuzza tirée de La Maison paternelle a été écrite à l'âge de 20 ans en 1909.
Chez Actes Sud on peut trouver aussi La maison dans l'impasse.

LE GRAND MICHU D' ÉMILE ZOLA
Paru dans le journal La Cloche en 1870 (journal républicain).
Dans Le Rappel publié par la famille de V. Hugo en exil, deux révoltes et débordement d'enfants à propos de la nourriture survenus au Lycée Louis le Grand et au Lycée St-Louis sont relatés. Zola est certainement au courant des faits.
En outre les valeurs de Michu et de son père sont celles de Zola.
Dans cette nouvelle de jeune homme, la filiation de la révolte laisse entrevoir le thème de l'hérédité, donc du naturalisme cher à l'auteur.
En effet, très tôt Zola reprend la notion naturaliste du 16e à son compte, à savoir étudier la nature pour refuser les causes surnaturelles et divines, d'où l'association du naturalisme à l'athéisme et au matérialisme. On retrouve ce terme chez Baudelaire ou dans la peinture de Courbet et de Manet. Ceci lié aux travaux de Darwin, Bernard et Comte dont Zola connaît les idées. Il devient chef de file du mouvement réaliste-naturaliste.

LE PAPA DE SIMON DE GUY DE MAUPASSANT
Écrivain météore : 30 volumes en 10 ans ! Vie flamboyante avec une fin pathétique causée par la syphilis.
Écriture naturaliste. Le papa de Simon est publié en 1879 (l'année d'un voyage en Bretagne) dans le journal La réforme politique et littéraire (annoncée comme réforme politique, littéraire, philosophique, scientifique et économique). Maupassant - jeune dans son écriture, payé alors 16 cts la ligne tandis qu'après Boule Suif ses articles étaient payés 125 F - a proposé là cette nouvelle qui allait dans la ligne de propagande d'un courant républicain et scientifique, au moment du 2e mandat de Mac Mahon sous le signe de l'ordre moral.
L'apologie du forgeron dans cette nouvelle se rapproche du Forgeron de Zola - teinté de socialisme utopique - avec une ressemblance dans la description de la forge. Maupassant n'était pas sans connaître non plus la figure du forgeron de François Coppée dans La grève des forgerons (1869). On verra Rimbaud reprendre à partir d'une gravure le thème du forgeron, homme du peuple, parlant d'égal à égal à Louis XVI.
À noter que chez Maupassant le thème de l'enfant abandonné, légitime, adopté ou bâtard est récurrent, peut-être en relation avec la séparation de ses parents quand il avait 10 ans.

Marie-Laure Jeanne Herlédan

 

La nouvelle comme genre littéraire :

un concentré romanesque

 

• Au 12e déjà un genre auquel appartiennent les Lais de Marie de France
• Évolution vers la prose au 15e. En 1410 : Les Joyes de mariage, en 1462 Les Cent Nouvelles nouvelles
• Trouve sa place dans la littérature du 16e : 1558 Les nouvelles récréations et joyeux devis de Bonaventure des Perriers ou bien en 1559 L'Heptaméron de Marguerite de Navarre
• Aux 17e et 18e les nouvelles ne se différencient pas des contes : Contes et nouvelles de La Fontaine et de Voltaire
• À l'époque romantique, la forme et le caractère vont devenir spécifiques : un véritable court récit, ex. : par Mérimée
• Évolution vers un réalisme qui va côtoyer l'extraordinaire
• Apogée du genre par Maupassant qui peut aller jusqu'aux Comtes cruels de Villiers de l'Isle Adam
• Au 20e roman raccourci peu utilisé en France par rapport aux Anglo-saxons.
• De grands auteurs au 20e, dont le théoricien de la nouvelle David Lodge (L'art de la fiction), Barbara Pym, Edith Wharton, Somerset Maugham

 

Une des façons rapides d'expliquer ce qu'est une nouvelle consiste à rappeler le nom qu'elle porte en anglais: short story, " histoire courte " ; la nouvelle se distinguerait donc d'abord par sa brièveté. Mais qu'est-ce qu'une histoire courte? Parce qu'elle est brève, la nouvelle ne se concentre que sur un seul événement et ne dévoile qu'une courte période de la vie des personnages Parmi les définitions officielles qui figurent dans les ouvrages de référence, celle du Vocabulaire des études littéraires, de Hachette, mérite d'être retenue: "récit centré en général autour d'un seul événement dont il étudie les répercussions psychologiques; personnages peu nombreux, qui, à la différence du conte, ne sont pas des symboles ou des êtres irréels, mais possèdent une réalité psychologique: cependant, à la différence du roman, leur psychologie n'est pas étudiée tout entière, mais simplement sous un aspect fragmentaire. La nouvelle cherche à produire une impression de vie réelle."
Plusieurs auteurs et théoriciens insistent pour dire qu'une nouvelle bien conçue doit se terminer par un événement inattendu, un point fort dans la narration, un "coup de fouet" soudain - le moment " épiphanique " selon David Lodge - qui serait la raison d'être même de la nouvelle. La nouvelle est un texte tricoté serré qui ne laisse pas de place aux éléments inutiles. Elle exige un sens aigu de l'économie et de la pertinence, mais elle demande aussi de savoir raconter de manière à garder l'attention des lecteurs à chaque instant.

Marie-Laure Jeanne Herlédan

Printemps... Poésie... Musique et Vidéo...

Le 20 mars 2010 au café-librairie
"Le bateau livre"

Belle soirée de poésie pour l'ouverture de la nouvelle saison du "Bateau-livre" au dernier jour du "Printemps des poètes".

Les Sources et les livres avait invité la poète Christine Guénanten pour présenter son dernier ouvrage édité Sel et ciel des mots aux marais-salants et parler de son métier de poète comme elle aime à dire.
Avec la chaleureuse simplicité qu'on lui connaît, Christine a lu certains de ses textes, évoqué son parcours d'écrivain – ses amis poètes – et répondu aux questions d'un nombreux public.

La musique était aussi présente – accordéons et harpe – pour accompagner joyeusement la fête sur des airs bretons tandis que des arrangements ponctuaient la lecture de deux suites de poèmes.

Brieuc, pour sa part, a proposé un diaporama consacré à sa vision, toute personnelle, de son métier de paludier. Bien loin de se limiter au traditionnel "documentaire sur la fabrication du sel", Brieuc nous a livré une poétique lecture – aux accents qu'un Bachelard n'aurait pas désavoués – de sa vie de paludier installé dans le Marais du Mès depuis quelques années seulement.

Gilles Herlédan

À paraître en juillet le Dvd du diaporama proposé par Brieuc


Et puisque le Pays Blanc chanté par Hélène Cadou est généreux, nous avons pu entendre en point d'orgue de cette rencontre un très beau poème offert par Yves Maurice : Flâneries en Pays blanc.

Nous étions "déjà demain" quand le bateau-livre a fermé ses portes !

 

 

Église d'Assérac

Le Chemin de croix
du peintre Jean-Georges Cornélius

Du 15 au 21 mars 2010, l'église paroissiale d'Assérac a ouvert ses portes à l'exposition des reproductions photographiques du Chemin de Croix du peintre Jean-Georges Cornélius.

Les visiteurs ont pu rencontrer ainsi une œuvre d'une facture originale et forte. Datant des années trente, elle est pourtant étonnamment moderne.

Le mercredi 17 mars, Joseph Thomas a présenté, dans une conférence largement illustrée, diverses facettes de l'ensemble de l'oeuvre de Cornélius. Peintre habité par la figure christique, il est aussi peintre du monde et du temps. À travers les figures des humbles et des réprouvés – trognes de marins et filles du port – saisies dans un trait puissant et des lumières souvent sombres, il fait surgir cependant la dimension d'une espérance rédemptrice.

Les derniers ressauts du froid hivernal et l'austérité du thème avaient sans doute contribué à ce que le public soit peu nombreux, mais très attentif, ce soir-là. Un chocolat chaud a permis une petite discussion à l'issue de la conférence.

Aux Sources et aux livres de continuer son travail de petit jardinier patient en semant au vent des occasions de découvertes...

Marie-Laure Jeanne Herlédan
Gilles Herlédan

 

L'exposition en cours d'installation.

Merci à Micheline, Marie-Laure B., Madeleine et aussi Françoise et Raymonde et aux deux techniciens de la mairie.

"goûter-livre" du 10 février 2010

Neuf autour de la table. Deux excusés.

Toutes les présentations étaient fouillées et pour la plupart appuyées d'extraits choisis et même d'un poème. De quoi mettre en appétit de lecture pour ces choix de styles et de récits si variés.

Au cours des échanges autour du café, beaucoup d'informations circulent à propos des ressources possibles de lecture dans la presqu'île.

Ensuite, présentation est faite de quelques nouvelles acquisitions de la bibliothèque d'Assérac dont Les affranchis jardiniers de Annick Bertrand-Gillen à propos des "Jardins du marais" au nord de Saint-Nazaire.

Pour terminer Marie-Laure propose trois ouvrages : un "livre d'images et de mots", un journal et des lettres, une bande dessinée.

À nous deux de Colette Nys-Mazure
Auteur de romans, de nouvelles d'essais, C.N.M. propose un ouvrage particulier dans sa forme. À partir d'une recension d'une vingtaine de toiles de peintres du 19ème et du 20ème autour de l'enfance, elle élabore une brève description des oeuvres qui sert de point de départ à une évocation toute personnelle et parfois émouvante. Cela suscite chez le lecteur l'envie d'une même approche à l'enfance. Travail lent du regard qui ne s'arrête pas à l'image première, qui, capable de vagabondage, s'en va plus loin que les apparences, en un patient aller et retour entre le passé et le futur que représentent les enfants. Pour chaque toile et partant, au sein de chaque texte, apparaissent deux ou trois phrases de dialogues dont on ne sait si elles s'adressent à l'auteur elle-même, à un adulte, à un lecteur, à un parent potentiel, à un enfant, à l'enfant qui est en nous encore… Le titre À nous deux laisse entrouvert sur plusieurs possibles, La part est belle, en tous cas, faite à l'imaginaire face à l'image et au dialogue nécessaire avec l'enfance dont la nôtre n'est pas loin.

Une vie bouleversée et lettres de Westerbork de Etty Hillesum
De 1941 à 1943, à Amsterdam, une jeune femme juive de 27 ans tient un journal. Il en résulte un document extraordinaire, d'une grande qualité littéraire. C'est le parcours et l'évolution de quelqu'un qui parvient à garder sa dignité, sa liberté et sa foi en l'homme en des années de guerre terrible qui voit l'arrestation et l'extermination des siens. En 1942, faisant allusion aux camps et à ce qui s'y passe, elle note : " Je sais déjà tout et pourtant je considère cette vie belle et riche de sens. À chaque instant. " À travers ce qu'elle écrit dans son journal et les lettres qu'elle envoie à des amies on la voit trouver lentement une morale propre et la justification de son existence dans l'affirmation d'un altruisme absolu. En trois ans elle aura fait un travail d'introspection systématique au travers d'une vie quotidienne de plus en plus bouleversée. Se décrivant au jour le jour elle décrit du même coup les grandeurs et les servitudes de chacun. C'est une analyse menée sans relâche, proche d'un parcours initiatique où elle dit sa conscience d'être portée par une réalité plus profonde que celle du monde extérieur. Cette incroyante vit une foi sans comparaison possible, elle n'appartient à aucune religion, elle écrit simplement : " je poursuis un dialogue extravagant, infantile ou terriblement grave avec ce qu'il y a de plus profond en moi. Voilà peut-être ce qui exprime le plus parfaitement mon sentiment de la vie : je me recueille en moi-même et ce moi-même, cette couche la plus profonde et la plus riche en moi où je me recueille, je l'appelle " Dieu ". Elle meurt à Auschwitz le 30 novembre 1943.


Magasin général, histoire de Marie de Loisel et Tripp
C'est l'histoire d'une période de la vie d'une femme dans une petite communauté: La Paroisse de Notre-Dame-des-Lacs dans la campagne québécoise dans les années 20. C'est en 6 volumes et le sixième est pour l'an prochain. L'histoire commence par l'enterrement de son homme auquel toute la petite communauté assiste. Le personnage du mari reparaît en voix off à plusieurs moments, surtout lors de temps fort de la vie de cette femme nommée Marie. C'est apparemment une comédie truculente, mais c'est aussi bien plus. Les relations d'amitié, d'amour, de détestation, d'entre aide sont autant de peintures de l'âme humaine dans toutes ses composantes et l'on est touché par ces gens qui pourrait être nos voisins, nos amis, notre famille, par ce qu'ils vivent de beau, de grave, de pathétique, de joyeux. Ces personnages pourtant fictifs, à des années de notre époque nous sont néanmoins très proches par la justesse d'un texte et d'un trait de crayon qui les humanise. Loin de nous conter seulement les petites histoires probables des hommes de ce temps-là, le parti pris de Loisel et Tripp est de conjuguer leurs efforts pour nous peindre des vies singulières de femmes et d'hommes en proie à leurs difficultés, mais aussi à leur tentative constante de trouver un certain bonheur, de ravauder des déchirures, de réparer des erreurs et de construire de la vie ensemble. On attend le dernier volume avec impatience.

Le prochain goûter-livre aura lieu le 28 avril. Pour celui du 9 juin, il est convenu de lire Une vie bouleversée et lettres de Westerbork de Etty Hillesum pour croiser les différentes visions de cet émouvant parcours de femme.

Merci à tous pour ce bon moment et cet enrichissement mutuel

Marie-Laure Jeanne Herlédan

 

 

 

Ont été présentés :

Ker Violette de Karine Fougeray

Amok, Lettre d'une inconnue et Vingt-quatre heures de la vie d'une femme. Trois nouvelles de Stefan Zweig

La tête en friche de Maria-Sabine Roger

L'analphabète de Agota Kristof

L'année du jardinier de Karel Capek

L'énigme du retour de Dany Lafférière

Personne de Gwénaëlle Aubry


Des hommes de Laurent Mauvignier

23 décembre 2009

Pour un après-midi contes et chocolat,
l'Association Louis, Lili et Cie
s'était jointe aux Sources et aux Livres

Brrr... il faisait bien froid dehors !!! mais papas et mamans et grands-mères avec plein d'enfants étaient venus écouter les contes de Noël.

Il y en avait pour les petits et les plus grands... il y avait aussi de la musique. Anne avec son accordéon et Marie-Laure avec la harpe et tout le monde avec sa voix pour chanter !

Cathie, Micheline et Marie-Françoise étaient les conteuses.

C'est l'heure du chocolat et des gâteaux !!!

 

 


Quelques mots de notre

Rencontre poétique autour du sel
le 5 décembre 2009

À la librairie Voyelles à Herbignac... premiers pas vers la poésie...


Bonjour à tous. C'est à une rencontre poétique autour du sel que nous vous convions. Des sources et des Livres avaient à cœur de travailler sur ce thème en filigrane dans le nom de l'association... Christine, la table est là, partage nous ta poésie, doucement car " ce n'est pas dans le bruit que tu bâtis bonheur... "


Christine nous offre un poème inédit



Chacun est attentif à la force et à la simplicité des mots que Christine Guénanten utilise. Elle dévoile les rudesses qui sont à la source de son univers poétique : combien il faut de travail à mettre sur le métier... " Il faut veiller et s'émerveiller " puis mettre à l'oeuvre la main aux cinq étoiles.

" Je revendique le métier de poète
et c'est un dur labeur.
"

Brieuc — derrière le projecteur — se prépare pour son témoignage de paludier. Il nous convie à une sorte de carnet de bord d'un voyage passionnant dans le marais-salant où il travaille depuis quelques années. Le travail au long des heures, des jours et des saisons ; l'intime alliance entre la terre, l'eau, le soleil et le vent ; la solidarité et aussi la solitude nécessaire pour toute oeuvre... voilà de quoi le sel a le goût. Voilà ce que Brieuc sait faire partager dans son montage à la belle écriture et qui émeut chacun.



Jean nous apporte sa pincée de sel...

Et Joseph nous emmène sur une route du sel vieille comme le monde... À la fois destructeur et indispensable... La femme de Lot transformée en statue de sel... Une coutume sémite que de frotter un enfant avec du sel... " il y a du sel entre nous " disent les arabes pour traduire l'amitié... Avoir mangé un boisseau de sel ensemble c'est être de vieux amis... " Ayez du sel entre vous "(Marc 9,49)... Déjà Cicéron rapprochait le grain de sel et l'esprit vif et piquant... Dieu vit que cela était bon, il vit le sel de l'existence et s'en réjouit... Le cœur de la théologie c'est le pain et le sel...


" Ayez du sel en vous-mêmes et vivez en paix les uns avec les autres " (Marc 9.49).

Enfin, notre après-midi va se conclure par une leçon de marais offerte par M. Divay à notre petite assemblée...

... grâce à un fort beau montage photographique qui allie à la fois lune grande recherche formelle et une profondeur poétique et spirituelle. Images parfois touchant à l'abstrait et commentaires puissants se conjuguent pour exalter l'alchimie secrète et la quintessence : " heureux les coeurs purs... "


Lecture par Micheline du poème
Mesquer de Christine. Guénanten

Et le lendemain, dimanche 6 décembre à Mesquer, à la Maison du Patrimoine, une quarantaine de personnes invitées par la Municipalité se retrouvent pour le mot du Maire, quelques poèmes lus et le verre de l'amitié.

Christine Guénanten évoque ses liens avec Hélène Cadou et son émotion d'être accueillie là où la compagne de René-Guy est née.


Notre premier "goûter-livre"

18 novembre 2009



s'est fait à 10 autour de la table et 2 autres — excusées — étaient aussi un peu avec nous.
Le bouche à oreille avait bien fonctionné ainsi que l'affichage. M. Angot, auteur de À âmes égales et de trois autres livres nous a parlé de son ouvrage et de son travail d'auteur. Son témoignage, très sincère et sensible a retenu l'attention de tous.

Auparavant, chacun, chacune a présenté un livre aimé ou un auteur. De belles découvertes ! questions et commentaires ont suivi et le moment du café n'a pas interrompu tous ces échanges attentifs et chaleureux. Le plaisir de la lecture se révèle aisément partageable... Il était bon d'écouter l'un et l'autre parler de ses émotions et parfois lire un ou deux extraits judicieusement choisis.

Puis un moment a été consacré par la représentante de la bibliothèque d'Assérac aux nouvelles acquisitions pour adultes et pour enfants.

Enfin, Joseph Thomas a proposé avec flamme un petit florilège de lectures :
La route de Cormac McCarthy
Marcher... une philosophie de Frédéric Gros
La grammaire de Dieu de Stefano Benni
Nous ne sommes pas d'ici de Michel Le Bris

Quelques citations de Desproges en petits morceaux chez Points, avec son sens inné de la formule et son humour grinçant et désespéré, ont émaillé l'après-midi.

Nous avons convenu de nous retrouver avec une trame sensiblement identique le 10 février 2010.

MArie-Laure Jeanne Herlédan
Gilles Herlédan

 

Ont été présentés :
La danse des grands-mères de Clarissa Pinkola Estés
L'éloge de la vieillesse de Hermann Hesse
Une gourmandise de Muriel Barbery
Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier
L'enfant bleu de Henry Bauchau
Claudie Gallay pour Les déferlantes et Seule Venise
Apprendre à vivre de Luc Ferry
Où on va papa ? de Jean-Louis Fournier
Vies minuscules de Pierre Michon
Le concile de Pierre de Jean-Christophe Grangé

Quelques mots de notre

Promenade d'automne dans les bois en compagnie de Jean Sulivan le 26 septembre 2009

Le samedi 26 septembre, nous nous sommes retrouvés près de trente participants à l'invitation de Les Sources et Les Livres à Assérac. Les " Bois " de Maryvonne Jeannès ont accueilli les visiteurs qui pour certains d'entre eux les connaissaient par le biais des photos publiées dans L'invisible est dans le sensible.*

 

* Édith Delos, au nom de l'Association des Amis de Jean Sulivan a permis la réalisation de cet ouvrage. Qu'elle trouve ici l'expression de notre gratitude

Puis ce fut le moment de la lecture à deux voix. Marie-Françoise et Joseph nous ont fait entendre un moment du souffle sulivanien. Cet auteur si attaché à " l'écriture-parole " est de ceux dont la lecture à haute voix révèle l'" inouï ".

 Méfiez-vous de l'absolu, l'indicible. Préférez un caillou, une phrase, un visage... Itinéraire spirituel
Creusez un peu, creusez l'écorce...Joie errante
Gardez vos racines secrètes, sinon vous pourriez vous dessécher... Parole du passant

Lire Sulivan — dont nous commémorerons le trentenaire de la mort l'an prochain — a été souvent un moment singulier de la vie de ceux qui l'ont découvert. Le témoignage émouvant de Maryvonne Jeannès qui nous a dit comment " Bois " et Sulivan se sont trouvés réunis pour elle a suscité d'autres récits dans lesquels la rencontre avec cet auteur a été souvent un bouleversement et demeure une source renouvelée.

Dans les échanges, il apparaît que celui qui a su se soustraire aux conformismes, aux pesanteurs de l'institution ecclésiale, pour susciter à nouveau une parole de vérité demeure aujourd'hui comme une sorte de prophète pour notre temps dans lequel le dégagement du sujet de ce qui l'aliène reste toujours aussi impératif.

Après une pause - le soleil avait permis que nous puissions prendre le café dehors - Jean Lavoué propose en introduction à la présentation de son blog " L'enfance des arbres " une lecture d'un texte poétique — comme un chant — qu'il a composé à partir de textes de Jean Sulivan.

C'est en musique que ce termine cet après-midi avec notamment une chanson de Raphaëlle Fulchiron : c'était sa voix dont Jean Lavoué nous a donné une interprétation si sensible.

Nous voulons remercier tous les participants à cette "première" des Sources et des Livres, ils ont apporté leurs présences curieuses, chaleureuses et amicales et ont fait de ce moment un très précieux encouragement pour la suite de nos projets .

Marie-Laure Jeanne Herlédan
Gilles Herlédan


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